Parcours

Fermer Parcours lévinassien

Fermer Parcours axiologique

Fermer Parcours cartésien

Fermer Parcours hellénique

Fermer Parcours ricordien

Fermer Parcours spinoziste

Fermer Parcours habermassien

Fermer Parcours deleuzien

Fermer Parcours bergsonien

Fermer Parcours augustinien

Fermer Parcours braguien

Fermer Parcours boutangien

Fermer Glossématique

Fermer Synthèses

Fermer Ouvrages publiés

Fermer Suivi des progrès aux USA

Fermer Parcours psychophysique

Fermer L'art et la science

Fermer Parcours nietzschéen

Fermer Philosophies médiévales

Autres perspectives

Fermer Archéologie

Fermer Economie

Fermer Sciences politiques

Fermer Sociologie

Fermer Poésie

Fermer Théologie 1

Fermer Théologie 2

Fermer Théologie 3

Fermer Psychanalyse générale

Fermer Points d’histoire revisités

Fermer Edification morale par les fables

Fermer Histoire

Fermer La numérisation du monde

Fermer Phénoménologie

Fermer Philosophie et science

Mises à jour du site

24/09/2017 ajout :
La numérisation du monde
- La vie algorithmique

09/09//2017 ajout :
La numérisation du monde
- Philosophie de la donnée
- La siliconisation du monde

27/08/2017 ajout :
La numérisation du monde
- Les objets connectés du futur

29/07/2017 ajout :
La numérisation du monde
- Les évolutions suite à la numérisation dans l'usine

29/07/2017 Nouvelle prespective :
La numérisation du monde
- Liminaire
- Le numérique redistribue des pouvoirs aux gens

05/06/2017 ajout:
Philosophie et sciences
- Index du glossaire
Sciences politiques
- Les trois grands courants de pensée occidentaux (1)
- Les trois grands courants de pensée occidentaux (2)

08/05/2017 mise à jour :
- Glossaire
- Complément à la mécanique quantique

17/04//2017 ajout :
Synthèses
- La conception de l’âme selon la quête de François Cheng

Sociologie
- Ancrage
Sciences politiques
- Les contributeurs contemporains à « Vous avez dit conservateur ? » (1)
- Les contributeurs contemporains à « Vous avez dit conservateur ? » (2)

18/02//2017 ajout :
Economie
- Un revenu de base serait pleinement justifié

21/01//2017 ajout :
Edification morale par les fables
- L'objet que se donne La Fontaine dans ses fables
- L'homme en procès

Liens Wikipédia
Visites

   visiteurs

   visiteurs en ligne

Sciences politiques - Trois lois nous gouvernent




Selon Alain-Gérard Slama trois lois nous gouvernent

Il est aisé, dit-on, d'expliquer les événements après coup. Le commentateur politique est un ouvrier de la 25e heure. Il est censé, dans l'opinion commune, arriver toujours trop tard. Même Hegel, pour une fois modeste, comparant le philosophe à l'oiseau de Minerve, affirmait que celui-ci ne prend son envol qu'à la tombée de la nuit. Or le plus souvent, les avertissements des philosophes ou même - c'est plus rare - des experts instruits par l'expérience ont précédé l'événement. Ils n'ont pas pour autant pesé du moindre poids sur les décisions des acteurs. Comme si les sociétés politiques étaient en quelque sorte déconnectées de ceux qui les pensent. Si l'on en doute, et à titre d'exemple, il n'est pas inutile de rappeler ici, dans le seul champ du politique, trois «lois», face auxquelles nos élites sont d'une surdité désarmante.
– La première constate le fait que plus les civilisations matérielles se répandent dans le monde, infléchissant les rapports sociaux et les mœurs, plus les sociétés réagissent en se crispant sur les aspects de leur culture, ethniques, religieux, éthologiques, qui leur sont les plus propres. Ce phénomène, dit des «identités réactives», est à l'œuvre sous nos yeux dans les révolutions arabes. Il est en train de disloquer l'Europe, en défaisant le long travail historique qui avait permis aux nations de se libérer de la tutelle des empires. On mesure à présent l'erreur d'avoir opposé, à la fin des années 1980, la thèse de Fukuyama, selon laquelle l'extension du modèle occidental de civilisation capitaliste, démocratique et parlementaire est irrésistible dans le monde, à la thèse de Huntington: ce dernier anticipait, de son côté, un mouvement réciproque, consistant dans le retour implacable des identitarismes culturels et religieux.
Loin de s'opposer, ces deux thèses se complètent: la première explique la seconde. Dans le cas du printemps arabe, par exemple, l'Europe avait vocation à contenir, par une action diplomatique sans arrogance, le danger de réaction lié à la propagation trop rapide et illusoire de son «modèle». Elle aurait dû se garder de soutenir indistinctement les démocrates et ceux qui se servent du levier de l'aspiration à la liberté pour imposer une théocratie. Non seulement elle n'en a rien fait, mais elle s'aveugle pour son propre compte en encourageant les identitarismes sur son sol: des lendemains désenchantés s'annoncent en Catalogne.
– La deuxième loi est liée à la première: plus vaste est le consensus qui règne dans une nation, plus les minorités extrêmes s'emparent des médias et pèsent sur la vie politique ; ces dernières, dans le brouhaha, deviennent vite seules à crier assez fort pour se faire entendre et par là même pour fixer les termes et les règles du jeu. Il a été maintes fois démontré, depuis Tocqueville jusqu'à Raymond Boudon, que l'indifférenciation due à l'égalité démocratique conduit à l'indifférence. L'action collective exige des efforts. À la faveur de l'effet d'arasement qui, de proche en proche, normalise l'espace médiatique, ce sont les plus déterminés, et par là même les plus actifs, qui, au-delà d'un certain seuil d'atonie collective, s'emparent du discours public en même temps que des moyens de l'action. C'est vrai des médias audiovisuels classiques ; ce l'est encore plus des réseaux numériques, dont la prolifération et le chaos favorisent le n'importe quoi.
Ainsi s'expliquent, en allant du plus grave au plus frivole, d'un côté les blocages idéologiques opposés aux développements de la recherche et des savoirs dans des domaines d'intérêt vital, mais passionnel, comme l'écologie ; et de l'autre, l'énergie d'une légèreté insoutenable qui se déploie autour de revendications sociétales aussi futiles que le mariage homosexuel. Que de motivations narcissiques, amplifiées par l'amplificateur tribal, détournent ainsi l'individu de se concentrer sur les moyens de lutter contre la menace générale d'appauvrissement brutal et, par là même, de regain de la violence, qui pèse sur l'avenir européen!
– Quant à la troisième loi, nous la devons à Albert O. Hirschman, qui la doit lui-même aux grands orateurs grecs et latins: moins les politiques ont de prise sur le réel, plus ils cherchent de satisfactions compensatrices dans l'amour-propre et se laissent gagner par la corruption. Nous en avons, en ce moment, quelques exemples consternants. Or l'absence de prise sur le réel n'est nullement une fatalité. Elle résulte le plus souvent d'erreurs d'analyse, d'un manque de courage, et de l'ignorance des «lois» enseignées par l'expérience. C'est dire qu'elle est liée aux deux précédentes.



Date de création : 14/12/2012 @ 08:36
Dernière modification : 14/12/2012 @ 08:41
Catégorie : Sciences politiques
Page lue 2897 fois


Imprimer l'article Imprimer l'article


Réactions à cet article

Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !


^ Haut ^