Parcours

Fermer Parcours lévinassien

Fermer Parcours axiologique

Fermer Parcours cartésien

Fermer Parcours hellénique

Fermer Parcours ricordien

Fermer Parcours spinoziste

Fermer Parcours habermassien

Fermer Parcours deleuzien

Fermer Parcours bergsonien

Fermer Parcours augustinien

Fermer Parcours braguien

Fermer Parcours boutangien

Fermer Glossématique

Fermer Synthèses

Fermer Ouvrages publiés

Fermer Suivi des progrès aux USA

Fermer Parcours psychophysique

Fermer L'art et la science

Fermer Parcours nietzschéen

Fermer Philosophies médiévales

Autres perspectives

Fermer Archéologie

Fermer Economie

Fermer Sciences politiques

Fermer Sociologie

Fermer Poésie

Fermer Théologie 1

Fermer Théologie 2

Fermer Théologie 3

Fermer Psychanalyse générale

Fermer Points d’histoire revisités

Fermer Edification morale par les fables

Fermer Histoire

Fermer Phénoménologie

Fermer Philosophie et science

Mises à jour du site

17/04//2017 ajout :
Synthèses
- La conception de l’âme selon la quête de François Cheng

Sociologie
- Ancrage
- Les contributeurs contemporains à « Vous avez dit conservateur ? » (1)
- Les contributeurs contemporains à « Vous avez dit conservateur ? » (2)

18/02//2017 ajout :
Economie
- Un revenu de base serait pleinement justifié

21/01//2017 ajout :
Edification morale par les fables
- L'objet que se donne La Fontaine dans ses fables
- L'homme en procès

21/01//2017 ajout :
Parcours boutangien
- La conclusion de Henri du Buit
Edification morale par les fables
- Lire La Fontaine autrement

08/01/2017 ajout :
Parcours boutangien
- Temps et histoire

01/01/2017 nouveau parcours
Parcours boutangien
- Le petit Boutang des philosophes
- Sauver le sujet

Liens Wikipédia
Visites

   visiteurs

   visiteurs en ligne

Economie - Deux capitalismes du monde occidental
DEUX CAPITALISMES DU MONDE OCCIDENTAL
 
Le texte qui suit est de Edmund S. Phelps, professeur d’Economie politique de l’Université de Columbia à New York (article publié par Le Figaro le 23 juin 2006. Il nous renseigne valablement sur les deux formes de capitalisme rencontrées aux Etats Unis d’une part et en Europe d’autre part. S. Phelps porte un regard très critique sur le modèle économique de l’Europe occidentale, responsable, selon lui, de la perte importante de terrain par rapport au Continent américain.
 
Les critiques du modèle social voient dans celui-ci le principal coupable du manque de vitalité et du faible taux d’emploi qui caractérise le Continent. Cependant, diminuer prestations et cotisations sociales n’entraînerait pas de véritables transformations et conduirait seulement à grossir les rangs de la population active.  
Je pense que le modèle économique du Continent européen est le premier responsable de la situation affligeante que nous connaissons. C’est le modèle économique – et non pas le modèle social – qui est la clé d’une réelle redynamisation. Il existe deux modèles économiques en Occident, et celui du Continent européen est le moins favorable.
Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Canada ont un système de propriété privée. Ce système se caractérise par une large ouverture aux nouvelles idées commerciales qui émanent d’entrepreneurs privés. Il se distingue aussi par la grande pluralité des points de vue des financiers et de ceux qui détiennent la richesse. L’innovation vient pour une bonne part d’entreprises déjà établies, comme les groupes pharmaceutiques, mais une part importante émane aussi des start-up, en particulier des plus jeunes et actives d’entre elles. Il s’agit du mdèle de la libre entreprise.  
L’ouest de l’Europe continentale a introduit dans son système des institutions visant à protéger les intérêts des « parties prenantes » et des « partenaires sociaux ». Ces institutions comprennent, par exemple, la majorité voire la totalité des composantes du système corporatiste de l’Italie de l’entre-deux guerres : grandes confédérations patronales, grands syndicats et grandes banques. Ce système entrave ou bloque de nombreux projets innovants y compris ceux des start-up. En matière d’innovation, ce système compte davantage sur la coopération des sociétés déjà établies avec les banques locales et nationales. Il s’efforce de compenser par la sophistication technologique ce qui lui manque d’esprit d’entreprise. Ce système n’est pas celui de la libre entreprise.   
Ma thèse est que les économies de libre entreprise sont structurées de telle sorte qu’elles tendent à posséder davantage de ce que j’appelle le dynamisme : elles ont plus de dispositions aux innovations commercialement réussies. De nombreuses données statistiques montrent que les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Canada sont plus dynamiques que les trois pays du Continent européen, la France, l’Allemagne et l’Italie. A titre d’exemple, les salariés y font état d’une bien plus grande autonomie de décision dans leur travail que leurs homologues d’Europe occidentale et dans les sociétés appartenant à de grands groupes performants, le taux de rotation du personnel est plus important.
La théorie moderne du dynamisme, initialement formulée par Friedrich Hayek dans les années de 1930, explique pourquoi le système de la libre entreprise, s’il est suffisamment pur, est nécessairement le système le plus dynamique. De nouvelles idées jaillissent du savoir-faire spécialisé du salarié le plus humble. La pluralité des expériences et des connaissances que les financiers mobilisent pour prendre leurs décisions donnent à la plupart des entrepreneurs une chance de soumettre leurs idées à une évaluation éclairée. Le financier et l’entrepreneur n’ont pas besoin de l’approbation de l’Etat ou des partenaires sociaux, ils ne devront pas leur rendre de compte par la suite. Il est ainsi possible d’initier des projets qui paraîtraient trop innovants, insuffisamment transparents et trop incertains pour être approuvés par l’Etat ou les partenaires sociaux. Enfin, la pluralité des connaissances et des expériences que les managers et les consommateurs mobilisent pour décider quelles innovations tester et adopter est cruciale, afin de donner une chance aux plus prometteuses d’entre elles. Là où le système continental européen réunit des experts pour fixer la norme d’un bien, le capitalisme en autorise le lancement de toutes les versions.
Les bénéfices de ce dynamisme jouent un rôle essentiel dans la vie de tous. Le premier de ces bénéfices est une plus forte productivité qui augmente la qualité de la vie et, en accroissant les salaires, permet à ceux qui ont un emploi peu rémunéré d’échapper à un travail ennuyeux, éreintant et dangereux. L’autre bénéfice, comme l’indique l’expérience des Etats-Unis, est qu’il est profitable pour l’économie globale d’innover.
Un dynamisme actif, qui nourrit l’économie des nouvelles idées des entrepreneurs, transforme aussi le poste de travail. Pour les salariés, les difficultés qui se posent sont autant de stimulants et de d’incitations pour résoudre les problèmes et, donc , autant d’occasions d’investissement et d’épanouissement personnels. Cet effet peut être observé dans les données des enquêtes statistiques. Dans la pensée aristotélicienne, le désir d’un tel épanouissement intellectuel est universel. Et finalement, un lieu de travail plus gratifiant attirera davantage de travailleurs et réduira le chômage. Pour la plupart d’entre nous, le système de la libre entreprise est le seul à même de nous proposer des défis toujours renouvelés.
Le Continent européen et les Etats-Unis doivent bien évidemment s’attaquer au problème de l’exclusion , mais le Continent européen ne pourra renouer avec une économie de prospérité et d’épanouissement personnel qu’à la seule condition de déraciner les institutions qui font obstacle au dynamisme>.

Date de création : 30/03/2007 @ 11:14
Dernière modification : 30/03/2007 @ 11:20
Catégorie : Economie
Page lue 3597 fois


Imprimer l'article Imprimer l'article


Réactions à cet article

Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !


^ Haut ^