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Sciences politiques - Sujets de la réforme(1)
SUJETS DE LA RÉFORME (1)
 
Michel Godet, dans son livre récent intitulé : « Le courage du bon sens », a consacré près de 400 pages aux principaux sujets qui, selon lui, nécessiteraient de profondes réformes. Sans vouloir en faire une pâle copie, mon souhait est de transcrire pour les lecteurs, ceux d’entre ces sujets qui m’ont paru les plus aigus. Pour en faciliter l’accès, je les proposerai par thèmes principaux.
Ainsi en est-il du premier groupe concernant l’éducation, la formation et l’emploi traités au chapitre IV de son livre. Le titre retenu pour chacun des sujets correspond, pourrait-on dire, à l’état actuel de la question sur lequel la réforme devrait intervenir.   
 
ÉDUCATION-FORMATION-EMPLOI
 
Scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans
 
D’après le rapport sur l’état de l’Ecole, 15% d’élèves de CM2 ne maîtrisent pas ou mal les compétences en compréhension écrites et orales nécessaires pour l’entrée en sixième. Pourcentage que l’on retrouve en classe de troisième pour des collégiens aux compétences insuffisantes quand il s’agit d’exploiter des textes complexes ou comprenant un vocabulaire peu courant. [C’est dire que le parcours scolaire des 14 à 16 ans n’améliore pas leur situation]
Ne faudrait-il pas imaginer pour ces jeunes des parcours adaptés, comme l’étaient les classes de transition, afin de mieux préparer et réussir leur insertion dans le monde professionnel qui peine ensuite à intégrer des jeunes arrivant avec les stigmates de l’échec et du retard scolaire ? Comment rattraper ces handicapés de la route scolaire qui vont ensuite nourrir la cohorte des jeunes au chômage ?  
A quoi bon les maintenir dans l’échec jusqu’à la fin de la scolarité obligatoire (fixée arbitrairement à 16 ans !). Leur rejet de et par l’école les met au ban de la jeunesse et la bande de la rue devient la principale école de vie.
La clé de l’échec scolaire et du chômage des jeunes passe certainement par des systèmes d’alternance école-entreprise, le plus tôt possible pour ceux qui, de toute façon, quittent le système scolaire sans rien et qui, de plus, se trouvent pénalisés par une insociabilité renforcée menaçant gravement leur employabilité. D’autres trajectoires et parcours de succès sont possibles, mais restent jusqu’alors limités en nombre et en attrait. C’est là que doit porter tout l’effort, par la création de modèles performants pour pouvoir intégrer ces jeunes dans une communauté de pratiques professionnelles fondées sur l’effort, l’ouverture et la qualité.     
 
Le trop d’élèves par classe
 
La réduction des effectifs est-elle sanctionnée par un succès ou n’a-t-elle pas, au contraire, des effets négatifs, comme l’a relevé depuis longtemps l’OCDE pour les pays développés autres que la France ? L’explication est simple : la distribution gaussienne des individus fait qu’en moyenne un élève sur cinq sort du lot ; aussi pour tirer le peloton d’une classe vers le haut et faire jouer l’émulation, faut-il une tête de classe suffisante d’au moins cinq ou six élèves. Lorsque celle-ci est inférieure en nombre, l’émulation est plus faible. C’est ainsi qu’à composition comparable, les classes de 25 ou 30 élèves ont, dans l’ensemble de meilleurs résultats que les classes de 15 ou 20 élèves.
On l’a compris, à un bon professeur, il faudrait confier un maximum d’élèves, à un mauvais professeur, pas d’élève du tout. Comme il n’y a pas de contrôle de qualité dans les classes, il reste à l’élève à briguer le peloton de tête quel que soit l’effectif de sa classe. Ce qui n’exclut pas que les savoirs de base pour les élèves en difficulté ne soient améliorables qu’au travers d’un enseignement plus personnalisé dans des classes à petits effectifs. Face à ces phénomènes en apparence contradictoires, on se plaît à imaginer un système scolaire moins rigidifié que celui imposé aujourd’hui. Quelle organisation centralisée pourrait-elle être en mesure de répondre à des besoins aussi différenciés ?   
 
Les métiers changent, donc les compétences changent
 
La pratique enseigne le contraire : si les métiers changent, les compétences demeurent. Les qualités individuelles requises par la croissance et la compétitivité dcs entreprises, dans un contexte de changement technique rapide, ne seront pas nécessairement plus élevées en termes de savoirs, mais certainement plus exigeantes du point de vue des attitudes et des comportements : capacité d’apprendre à apprendre, comportement ouvert au travail en équipe, esprit de créativité et d’initiative, souci de qualité dans l’application des savoirs et des savoirs-faire…Ces qualités individuelles seront d’autant plus nécessaires que les métiers de demain s’exerceront de plus en plus dans des petites unités de service aux personnes et aux entreprises.
Il serait opportun et utile, cependant, de réfléchir aux compétences critiques qui pourraient manquer dans le futur (anciennes à conserver, nouvelles à développer).
 
Les compétences sont évaluables sur un passé
 
Il convient de relativiser cette notion. En effet, chaque individu est le produit d’une trilogie faite de volonté (l’équation personnelle des talents), de hasard (les circonstances, les rencontres) et de nécessité (les contraintes). En réalité, la compétence est doublement contingente, car mille et un profils sont susceptibles d’occuper efficacement un métier donné.
Au mieux, le bilan individuel de compétences, instauré par la loi, révèlera des choses sur un passé, qui aurait pu être autre. Il ne doit donc pas hypothéquer un avenir, par définition ouvert, libre et indéterminé. Le bilan de compétences est aussi illusoire que la soi-disant gestion professionnelle de l’emploi et des compétences (Gepec) qui a été la grande mode des années 1990 et qui sous-tendait une illusion dangereuse, celle de vouloir faire rentrer les individus dans des moules universels.        
 
 
 
Préparer en priorité les enfants aux métiers de l’intelligence et aux emplois qualifiés de la nouvelle économie
 
Erreur et illusion collective ! La course aux diplômes de formation générale est d’autant moins justifiée que les emplois de demain ne seront pas là où on le croît. Les emplois de services représentent déjà 70% des emplois existants et 80% des emplois créés chaque année.
Entre susciter surabondance de diplômés et pénurie de professionnels, les parents vont devoir choisir pour l’orientation de leurs enfants ! On manque déjà aujourd’hui de jardiniers (le déficit serait de deux offres d’emplois sur trois non satisfaites selon l’ANPE) , de cuisiniers, de bouchers, d’infirmières, d’employés de service aux particuliers et de l’hôtellerie, d’ouvriers non qualifiés du bois, de conducteurs d’engins. Pour demain, des pénuries importantes de personnels qualifiés sont prévisibles, notamment dans les services aux personnes âgées, dans la restauration, les professionnels du bâtiment et des travaux publics.   
Les travaux de la commission Seibel de la Dares et du Plan (2005) permettent d’établir un palmarès instructif : celui des métiers les plus offreurs d’emplois d’ici à 2015. La somme des besoins nouveaux et des renouvellements oiur compenser les départs à la retraite donne 7 ;5 millions d’emplois à pourvoir entre 2005 et 2015.Il faudra ainsi trouver d’ici à 2015 : 1,2 millions de personnes pour les services aux particuliers, dont plus de 400.000 assistant(e)s maternel(le)s et aux personnes âgées ; 840.000 personnes pour les tâches de gestion et d’administration ; 750.000 personnes pour la santé et l’action sociale ; 670.000 pour pour le transport et le tourisme : 650.000 pour le commerce et la vente ; 530.000 pour le BTP et 450.000 pour l’enseignement. Avec environ 200.000 recrutements, les informaticiens, la banque et les assurances ainsi que les métiers de la communication, de l’information et du spectacle viennent loin derrière et sont à peu près au même niveau que l’hôtellerie, la restauration et l’alimentation. Pour ces emplois, le plus souvent du tertiaire et nécessitant beaucoup de convivialité, il ne faut peut-être pas beaucoup de qualification sanctionnée par un diplôme, mais certainement un haut professionnalisme et des gens bien dans leur peau.      
 
Notre modèle éducatif est capable de faire respecter l’égalité des chances même pour les enfants appartenant à des milieux défavorisés
 
Il s’agit là d’une pétition de principe bien loin de la réalité vécue en de tels milieux. Après le constat de panne de l’ascenseur social par le mérite scolaire, il n’est que temps pour la collectivité d’intervenir afin de le remettre en marche. Puisque l’effet positif des politiques publiques d’attribution systématique de bourses et de place en internat aux enfants d’agriculteurs a été constaté (en 2002) pour cette catégorie sociale que l’on voulait accompagner dans son exode rural, le même volontarisme public au profit des enfants normalement scolarisés appartenant à ces milieux serait possible ; de plus, il serait payant à condition d’y mettre les moyens. Sinon l’ascenseur social par le mérite scolaire restera en panne.
La collectivité se doit d’intervenir et ne pas se contenter de mesures de discrimination positive, certes intéressantes, comme à Sciences-Po où l’on a ouvert l’accès à quelques candidats très brillants issus de certains lycées en ZEP, mais sans effet structurel. (D’ailleurs pourquoi ces établissements et pas d’autres ou plutôt tous les autres ?). A terme ces politiques de ciblage sur certaines catégories sont aussi source d’effets pervers à commencer par l’atteinte au principe d’universalité des droits des citoyens.    
 
Il n’est que justice de faire bénéficier, quand le besoin s’en fait cruellement sentir, d’une prestation ou d’un soutien particulier pour telle ou telle catégorie de la population
 
Pourtant, on devrait être payé pour le savoir, il y a toujours une ambiguïté dans le ciblage social, selon qu’il vise d’abord à redistribuer davantage vers les plus modestes, ou bien d’abord à réduire les dépenses de l’Etat. La tendance en France est à créer et additionner des politiques spécifiques en direction des différentes catégories d’exclus, de chômeurs, de mal-logés, de défavorisés, certains avec des problèmes particuliers ( handicap, monoparentalité). Afin d’être adaptées le plus possible aux « terrains » et aux « publics », la sélectivité se fait de plus en plus grande, ce qui pousse à une segmentation renforcée des mesures et de leurs cibles. Le ciblage social se substitue ainsi aux politiques universelles garantissant à chaque citoyen les mêmes droits.
Rien ne prouve cependant que cibler davantage la protection sociale permet véritablement d’améliorer la condition relative des plus défavorisés. Le contraire même est le plus vraisemblable. Dans tout le débat sur le ciblage social, il faut en outre avoir à l’esprit que les pauvres bénéficient avant tout, du régime des prestations universelles, même si ponctuellement on peut les considérer insuffisantes. Ainsi, en France, les prestations familiales font diminuer de moitié le taux de pauvreté des enfants, tandis que les minima sociaux, par nature ciblés, ne font diminuer ce taux que de quelques points supplémentaires. Il s’ensuit que les modèles les plus performants sont assurément ceux qui reposent sur une large base universelle, complétée par des prestations ciblées. Les modèles les plus problématiques sont ceux dans lesquels les prestations ciblées remplacent les mécanismes à base universelle. (A la page 411 du livre, le lecteur trouvera un encadré où se trouvent détaillés les trois effets pervers du ciblage : effet de seuil, effet de marquage, effet de délitement).     
Ainsi, lorsque le ciblage intervient en substitut d’une politique universelle, il finit par rater sa cible. Antoine Math (2004) a clairement analysé ce mécanisme en montrant que « des mesures ciblées sur les pauvres finissent par être de pauvres mesures ». Les mesures de discrimination positive pour les minorités visibles, comme on les désigne, ne sont qu’une forme parmi d’autres de ciblage et ont les mêmes effets pervers. Elles peuvent au mieux être utilisées symboliquement et temporairement.
 
Les filières élitistes réputées être à la portée de tous
 
Beaucoup savent qu’il n’en est rien et désespèrent de voir un changement intervenir. La tête de l’Etat et des grandes entreprises est, quasi exclusivement, entre les mains des grands corps (essentiellement l’ENA et Polytechnique), où se retrouvent, depuis des générations, les enfants issus des mêmes familles. En réalité, il y a dans la sélection des élites, un véritable délit d’initiés – la connaissance des filières et des critères de sélection sociale – profitant aussi, aux enfants d’enseignants , qui représentent plus de 50% des admis dans les grandes écoles. Ce qui explique que les enseignants de gauche et de droite soient complices d’un système permettant à la classe sociale dominante de se reproduire en vase clos, de manière légitime par méritocratie interposée.  
Au départ, la course est en principe ouverte à tous, mais certains reçoivent un meilleur entraînement et connaissent mieux les règles du jeu que d’autres. Pour déclarer ses enfants champions olympiques de l’intelligence, la noblesse républicaine n’hésite pas à plonger une grande partie de la jeunesse française dans la perspective d’un échec programmé, la dégoûtant ainsi de concourir.
 
La carte scolaire contribue à la mixité sociale
 
Comme on le sait, cet objectif est loin d’avoir été atteint. La carte scolaire n’a pas empêché la concentration sociale des enfants de milieux aisés et cultivés dans les mêmes quartiers, ainsi que la concentration des enfants les plus défavorisés dans les ZEP. C’est le prix du mètre carré habitable qui fait la différence. De même les meilleurs enseignants sont aussi dans les collèges et lycées de ces quartiers résidentiels du centre et de la périphérie, là où vivent les cadres et les professions supérieures, alors que les enseignants les moins expérimentés sont envoyés faire leurs armes dans les zones les plus défavorisées, notamment dans les ZEP.
La ségrégation urbaine est moins visible et plus émergente en province, mais elle est criante en Ile-de-France où le marquage social des quartiers est à un stade très avancé. Le voisinage, les fréquentations, les exemples de réussite ou d’échec autourdesoisontautantd’élémentsquiconditionnentfortementlescomportements et les trajectoires scolaires des jeunes. L’ascenseur social de l’école républicaine ne fonctionne plus, moins en raison du système scolaire qu’en raison de l’apartheid urbain.  
 

Date de création : 26/03/2007 @ 10:36
Dernière modification : 26/03/2007 @ 10:37
Catégorie : Sciences politiques
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