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En ouvrant « De l’Evasion », essai d’Emmanuel Lévinas réédité par FATA MORGANA en [[1]](file:///F:/Mes%20Sites%20Web/duthu/site%20duthu/espacethique.free.fr/admin.php?lng=fr&pg=art&tri=ch&form=1#ftn1), a pu, à la satisfaction de Lévinas, inclure, dans un contexte de grandes idées contemporaines, celles que Lévinas avaient émises lui-même dès [[2]](file:///F:/Mes%20Sites%20Web/duthu/site%20duthu/espacethique.free.fr/admin.php?lng=fr&pg=art&tri=ch&form=1#ftn2) », reproduites aux pages

Blanchot, lorsqu’il s’efforce de penser ce qu’alors il désigne comme le Dehors ou l’autre nuit et qui plus tard percera dans les mots de neutre ou de désastre, ici et là, ne se laissera penser qu’en rapport avec l’il y a[[16]](file:///F:/Mes%20Sites%20Web/duthu/site%20duthu/espacethique.free.fr/admin.php?lng=fr&pg=art&tri=ch&form=1#ftn16), recoupe alors très exactement, an niveau formel, les analyses de Lévinas. Ainsi lisons-nous dans l’Espace littéraire : « Dans la nuit, tout a disparu. C’est la première nuit.[…] Mais quand tout a disparu dans la nuit, ‘tout a disparu’ apparaît. C’est l’autre nuit. La nuit est apparition du ‘tout a disparu’. Elle est ce qui est pressenti quand les rêves remplacent le sommeil, quand les morts passent au fond de la nuit, quand le fond de la nuit apparaît en ceux qui ont disparu. Les apparitions, les fantômes et les rêves sont une allusion à cette nuit vide.[ …] Ce qui apparaît dans la nuit est la nuit qui apparaît, et l’étrangeté ne vient pas seulement de quelque chose d’invisible qui se ferait voir à l’abri et à la demande des ténèbres : l’invisible est alors ce que l’on ne peut cesser de voir, l’incessant qui se fait voir[[17]](file:///F:/Mes%20Sites%20Web/duthu/site%20duthu/espacethique.free.fr/admin.php?lng=fr&pg=art&tri=ch&form=1#ftn17). » Dans le langage de Blanchot perce ainsi de façon saisissante ce qui fait le poids et toute l’horreur de l’être entendu au neutre ou comme il y a, et toute la passivité de « l’être-là » à qui s’impose une présence irrémissible qu’il subit sans l’assumer.

Il y a donc un caractère intrinsèquement particulariste dans une société fondée, telle la société hitlérienne, sur cette acceptation ou plutôt cette revendication du corps comme lieu d’adhérence. En Elle doit faire face à l’idée d’expansion, car l’expansion d’une force présente une tout autre structure que la propagation d’une idée. » En fait, elle « apporte en même temps sa forme propre d’universalisation : la guerre, la conquête[[29]](file:///F:/Mes%20Sites%20Web/duthu/site%20duthu/espacethique.free.fr/admin.php?lng=fr&pg=art&tri=ch&form=1#ftn29) ». L’année suivante de la prise du pouvoir par Hitler, le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale était prévisible pour un regard non d’historien mais de philosophe. Mais peut-être autre chose était-elle encore prévisible : l ‘évolution de l’antisémitisme raciste vers la « solution finale ». C’est en effet en parfaite cohérence avec les analyses de Lévinas que le paragraphe Volksgenosse). Un juif ne peut pas être compatriote[[30]](file:///F:/Mes%20Sites%20Web/duthu/site%20duthu/espacethique.free.fr/admin.php?lng=fr&pg=art&tri=ch&form=1#ftn30) ». Etait ainsi créée une catégorie de non-‘compatriotes’ et, conséquemment de non-citoyens. Etait ainsi créée une catégories d’‘autres’, dont il allait falloir ‘purifier’ l’Allemagne puis l’Europe. Mais que cette ‘purification’ dût prendre finalement la forme de l’extermination, cela était peut-être inscrit dans la conception raciste – et, nommément, biologiste – de l’homme dans l’hitlérisme. En effet, avec elle, enchaîné à son corps, l’homme se voit refuser le pouvoir d’échapper à soi-même[[31]](file:///F:/Mes%20Sites%20Web/duthu/site%20duthu/espacethique.free.fr/admin.php?lng=fr&pg=art&tri=ch&form=1#ftn31) ». Mais à l’homme qui est déterminé comme ‘autre’ et, comme tel, comme ennemi racial du genre humain, il n’est plus laissé aucune issue pour échapper à la vindicte du regard qui le vise ainsi, pas même la conversion qui avait toujours servi d’échappatoire au cours des siècles d’antisémitisme chrétien. C’est, nécessairement, dans le corps auquel il est rivé et dont il ne saurait par le fait même échapper qu’il est aussi visé. On peut donc se demander si une telle ‘visée’ ne portait pas en germe une extermination au sens exclusivement physique du terme. Cette remarque n’est pas purement rétrospective ; elle fonde sa probabilité sur les réflexions philosophiques de [[32]](file:///F:/Mes%20Sites%20Web/duthu/site%20duthu/espacethique.free.fr/admin.php?lng=fr&pg=art&tri=ch&form=1#ftn32). »

Pourtant, cette figure de l’évasion ne convient pas encore au « thème inimitable qui nous propose de sortir de l’être » qu’avait annoncé l’étude de De l’existence à l’existant ni dans Totalité et infini – est de « laisser signifier des significations d’au-delà de la différence ontologique[[39]](file:///F:/Mes%20Sites%20Web/duthu/site%20duthu/espacethique.free.fr/admin.php?lng=fr&pg=art&tri=ch&form=1#ftn39) ». Intention qui remet radicalement en jeu la question de la subjectivité vers laquelle, on l’aura au moins aperçu, conduisaient les précédentes métamorphoses de l’évasion. Mais intention à laquelle celles-ci ne pouvaient convenir ni suffire dans la mesure où, posant le sujet humain comme « l’étant par excellence » et semblant privilégier celui-ci par rapport à l’être, « au détriment de l’être », elles le pensaient comme Moi qui « a l’identité comme contenu » ou comme « l’être dont l’exister consiste à l’identifier, à retrouver son identité à travers tout ce qui lui arrive », bref à être le Même, non pas relativement, mais absolument[[40]](file:///F:/Mes%20Sites%20Web/duthu/site%20duthu/espacethique.free.fr/admin.php?lng=fr&pg=art&tri=ch&form=1#ftn40) ». Moi se posant comme Même dans l’hypostase ou se faisant tel à travers la dialectique propre de la jouissance, Moi assurant ainsi sa sortie de l’horreur de l’ il y a en maîtrisant son existence. Ce n’est pas encore là, il s’en faut « reconnaître dans la subjectivité une ex-ception déréglant la conjonction de l’essence, de l’étant et de la ‘différence’

Ainsi la ‘folle pensée’ de l’évasion finit-elle par contraindre la pensée à cette autre, plus ‘folle’ encore – ou plus sainte ? – , de « passer à l’autre de l’être, autrement qu’être. Non pas être autrement mais autrement qu’être[[47]](file:///F:/Mes%20Sites%20Web/duthu/site%20duthu/espacethique.free.fr/admin.php?lng=fr&pg=art&tri=ch&form=1#ftn47)», où seulement elle prend sa pleine signification. Ainsi, ce que ne laissait entrevoir qu’encore confusément le premier essai ne trouve-t-il le moyen de se dire qu’en s’engouffrant résolument dans la dé-raison, le hors-logos, que celui-ci proposait seulement : la pensée d’un tiers-exclu. D’une ‘folie’ à l’autre, à travers avancées et reculs d’une méditation contrainte d’ouvrir son propre chemin en forgeant son propre langage[[48]](file:///F:/Mes%20Sites%20Web/duthu/site%20duthu/espacethique.free.fr/admin.php?lng=fr&pg=art&tri=ch&form=1#ftn48), se dessine ainsi le parcours d’une pensée une, s’attachant à la tâche de penser en se limitant à une seule pensée. Fidélité qui définit ce qui continue à garder le nom de philosophie. Qu’il ait fallu cependant près de quarante ans et plusieurs livres qui ne furent pas seulement des intermédiaires pour aller de l’une à l’autre et pour que la dernière tienne la promesse latente de la première, laisse de son côté apparaître une seconde dimension du travail de la philosophie qui le désigne comme l’exercice de la plus longue patience.

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BESOIN D’ ÉVASION

En ouvrant « De l’Evasion », essai d’Emmanuel Lévinas réédité par FATA MORGANA en [1], a pu, à la satisfaction de Lévinas, inclure, dans un contexte de grandes idées contemporaines, celles que Lévinas avaient émises lui-même dès [2] », reproduites aux pages

Ce qui a conduit Jacques Rolland, dans sa propre introduction, à nous préciser les deux tâches distinctes qui se sont faites jour pour lui. Il s’est agi, dans un premier temps « de chercher à situer la signification du mot ‘être’ dans cette étude, de s’interroger sur la volonté d’en ‘renouveler l’antique problème’ quand elle s’est faite jour au cœur des années trente de notre siècle et de se demander enfin ce qu’est devenue la compréhension alors en vigueur de son concept dans l’œuvre postérieure. Il s’est agi dans un deuxième temps d’élucider cette exigence d’ ‘évasion’ qui s’est levée à partir de cette façon d’entendre le verbe être puis de clarifierle ‘programme ‘ de recherches philosophiques qu’elle annonçait ; en un mot il s’est agi de se demander ce que promettait cette expression quelque peu énigmatique d’évasion et de repérer les traces de son devenir dans l’œuvre ultérieure ».

Aussitôt après, J. Rolland nous offre d’entrer très vite dans le sujet :

– que se cache-t-il derrière cette métaphore de l’évasion ? C’est l’exigence de penser au-delà de l’être entendu au sens verbal, exigence qui ne trouvera cependant son expression philosophique adéquate qu’en forgeant le contre-concept de l’autrement qu’être.

– qu’est-ce qui caractérise au mieux la situation philosophique de cette étude de [3]… « Dans l’évasion le moi se fuit non pas en tant qu’opposé à l’infini de ce qu’il n’est pas ou de ce qu’il ne deviendra pas, mais au fait même qu’il est ou qu’il devient. Ses préoccupations vont au-delà de la distinction du fini et de l’infini, notions qui ne sauraient d’ailleurs pas s’appliquer au fait même de l’être, mais uniquement à ses pouvoirs et propriétés. Il n’a en vue que la brutalité de son existence qui ne pose pas la question de l’infini.

Par là le besoin de l’évasion – plein d’espoirs chimériques ou non, peu importe – nous conduit au cœur de la philosophie. Il permet de renouveler l’antique problème de l’être en tant qu’être. Quelle est la structure de cet être pur ? A-t-il l’universalité qu’Aristote lui confère ? Est-il le fond et la limite de nos préoccupations comme le prétendent certains philosophes modernes ? N’est-il pas au contraire rien que la marque d’une certaine civilisation, installée dans le fait accompli de l’être et incapable d’en sortir ? Et dans ces conditions l’ excendance est-elle possible et comment s’accomplit-elle ? Quel est l’idéal de bonheur et de dignité humaine qu’elle promet ? »(

Laprésenterecension de l’essai J. Rolland explicitant « De l’évasion » de Lévinas, comporte trois parties :

ère partie : les différents dires de l’être pur ;

ème partie : les trois remarques de J. Rolland sur l’ il y a ;

ème partie : les métamorphoses de l’évasion.

1 ère Partie

Ce qui, dans l’essai sur l’évasion se désigne sous le nom d’être pur, d’être en tant qu’être, de fait d’être ou d’existence de ce qui est – est déjà très précisément ce qui se pensera plus tard sous le titre d’ il y a : le retour de rien en une présence irrémissible

La ‘perfection’ de l’être, c’est la vérité élémentaire qu’ il y a de l’être.

« L’être est : il n’y a rien à ajouter à cette affirmation tant que l’on n’envisage dans un être que son existence. Cette référence à soi-même, c’est précisément ce que l’on dit quand on parle de l’identité de l’être. L’identité n’est pas une propriété de l’être et ne saurait consister en une ressemblance de propriétés qui supposent elles-mêmes l’identité. Elle est l’expression de la suffisance du fait d’être dont personne, semble-t-il, ne saurait mettre en doute le caractère absolu et définitif »( il y a de l’être, lorsque celle-ci se révèle dans une profondeur qui mesure sa brutalité et son sérieux »(

La ‘perfection’ de l’être est sa brutalité, la brutalité de son il y a. Elle est en effet sa perfection de verbe, sa pure verbalité, c’est-à-dire encore sa pure

Les rapports qu’entretient l’ étant avec l’être pur

Mais cette tare simultanément désignée comme perfection et comme imperfection, ce n’est pas dans la contemplation de l’être comme objet théorique qu’elle va pouvoir être explicitée, c’est dans l’élucidation du rapport qu’entretient avec cet être pur l’ étant qui a toujours en quelque façon rapport avec lui de telle sorte qu’il en ait toujours une certaine compréhension.

C’est dans l’intrigue qui se noue entre l’homme et l’être et là seulement que quelque chose peut être dit de cet être ; c’est dans cette existence et à travers certaines modalités qui l’affectent et lui donnent sa saveur et ses nuances que la méditation philosophique ou ontologique va trouver son point de départ. Et, dans l’essai sur l’évasion, le sentiment qui à la fois permet initialement d’approcher le problème de l’être et de qualifier la modalité selon laquelle l’étant humain se rapporte à lui, est défini comme « le sentiment aigu d’être rivé [5] ».

Ce n’est donc pas seulement dans l’exister humain que se met en question « l’antique problème de l’être en tant qu’être » et que s’ouvre la voie de son renouvellement, c’est plus précisément dans cet exister s’apercevant de son existence, de son fait même, de l’inamovibilité de sa présence. Remarques qui ne peuvent pas ne pas nous renvoyer de façon évidente à la notion heideggérienne de

L’explicitation de l’existence du Dasein

« Dans cette étude de Lévinas de Dasein,(‘l’être-là’) se comprend dans une certaine disposition affective

Mais la disposition affective dont la compréhension ne se détache point nous révèle un caractère fondamental de cette dernière. Elle nous révèle que le Dasein est rivé à ses possibilités, que son « ici-bas » s’impose à lui. En existant, le Dasein est d’ores et déjà jeté au milieu de ses possibilités et non pas placé devant elles. Ce fait d’être jeté au milieu de ses propres possibilités et d’y être abandonné, Heidegger le fixe par le terme Geworfenheit que nous traduisons d’une manière plus libre par le mot déréliction. La déréliction est la source et le fondement nécessaire de l’affectivité. L’affectivité est un phénomène compréhensible là où l’existence présente cette structure d’être livré à son propre destin.

La déréliction, l’abandon aux possibilités imposées, donne à l’existence son caractère de fait dans

Peut-être convient-il de comprendre « De l’évasion » comme un tel essai d’herméneutique de la facticité, qui différerait cependant aussitôt de la manière heideggérienne en s’arrêtant pour s’y attarder à cette Geworfenheit que traduit mieux le fait pour le

« Herméneutique de la facticité » que l’on va ici tenter de lire en relation, non pas avec Sein und Zeit, mais avec un écrit beaucoup plus comparable du simple point de vue de ses dimensions, la conférence Was ist Metaphysik

La disposition fondamentale manifestant l’être comme être, qui s’annonce dans le sentiment d’être rivé, c’est la nausée

Cette disposition fondamentale n’est pas l’ennui qui « manifeste l’étant dans son ensemble »(WM idem), ni la crainte ou la peur (Furcht) qui est toujours peur devant et pour quelque chose de déterminé (WM Grundstimmung (WM nausée. La nausée, ne saurait être dans

La présence qui se fait jour à travers la nausée trouve sa modalité sui generis en adhérant à nous. Adhérence sans adhésion de celui à qui elle adhère, adhérence horrible, qui se traduit positivement par un « refus d’y demeurer, un effort d’en sortir »(

Qu’en est-il de cette expérience de l’être pur ? Autrement dit, comment ce retour de rien en être doit-il être décrit ?

C’est alors que Lévinas serre de plus près la notion pour la dégager d’une interprétation ontique et répond à cette double question. « Mais la nausée n’est-elle pas un fait de la conscience que le moi connaît comme l’un de ses états ? Est-ce l’existence même ou seulement un existant ? Se demander cela ce serait oublier l’implication sui generis qui la constitue et qui permet de voir en elle l’accomplissement de l’être même de l’étant que nous sommes. Car ce qui constitue le rapport entre la nausée et nous c’est la nausée elle-même. L’irrémissibilité de la nausée constitue le fond même de la nausée. Le désespoir de cette présence constitue cette présence même. Par là la nausée ne se pose pas seulement comme quelque chose d’absolu, mais comme l’acte même de se poser : c’est l’affirmation même de l’être » (

Nausée et angoisse diffèrent fondamentalement dans la manière qu’elles ont chacune de se rapporter au rien qu ‘elles manifestent toutes deux, ou encore dans la manière qu’elles ont chacune de le faire paraître. L’angoisse dévoile le rien comme ce qui a trait à l’être de l’étant (als zu gehörig zum sein des Seienden) et nous porte ainsi devant l’étant comme tel. En retrait de cette opération, la nausée manifeste le rien comme l’être comme tel, et celui-ci comme l’acte même de se poser, comme l’acte pur de s’affirmer. La nausée manifeste le rien comme le pur

Au bout de ces analyses, une formule s’offre ou s’impose ainsi à la réflexion, formule qui pourtant n’obtiendra chez Lévinas la dignité d’un titre qu’une dizaine d’années après la publication de l’essai sur l’évasion, l’ il y a .

On voit donc maintenant que ce qui, dans l’essai sur l’évasion se désigne sous le nom d’être pur, d’être en tant qu’être, de fait d’être ou d’existence de ce qui est – est déjà très précisément ce qui se pensera plus tard sous le titre d’ il y a : le retour de rien en une présence irrémissible

2 ème Partie

LES 3 REMARQUES DE J. ROLLAND SUR L’ IL Y A

Dans son propre essai, J. Rolland nous propose trois remarques sur l’ il y a :

– Première remarque qui rejoint l’observation de Blanchot[15]qui a vu dans l’ il y a une des « propositions les plus fascinantes faites par Lévinas » ;

Blanchot, lorsqu’il s’efforce de penser ce qu’alors il désigne comme le Dehors ou l’autre nuit et qui plus tard percera dans les mots de neutre ou de désastre, ici et là, ne se laissera penser qu’en rapport avec l’il y a[16], recoupe alors très exactement, an niveau formel, les analyses de Lévinas. Ainsi lisons-nous dans l’Espace littéraire : « Dans la nuit, tout a disparu. C’est la première nuit.[…] Mais quand tout a disparu dans la nuit, ‘tout a disparu’ apparaît. C’est l’autre nuit. La nuit est apparition du ‘tout a disparu’. Elle est ce qui est pressenti quand les rêves remplacent le sommeil, quand les morts passent au fond de la nuit, quand le fond de la nuit apparaît en ceux qui ont disparu. Les apparitions, les fantômes et les rêves sont une allusion à cette nuit vide.[ …] Ce qui apparaît dans la nuit est la nuit qui apparaît, et l’étrangeté ne vient pas seulement de quelque chose d’invisible qui se ferait voir à l’abri et à la demande des ténèbres : l’invisible est alors ce que l’on ne peut cesser de voir, l’incessant qui se fait voir[17]. » Dans le langage de Blanchot perce ainsi de façon saisissante ce qui fait le poids et toute l’horreur de l’être entendu au neutre ou comme il y a, et toute la passivité de « l’être-là » à qui s’impose une présence irrémissible qu’il subit sans l’assumer.

– Deuxième remarque qui tient au fait que le concept de l’être ainsi atteint dès les premières réflexions, se maintiendra inchangé jusque dans l’œuvre la plus mûre ;

Dans Autrement qu’être ou Au-delà de l’essence, aussi bien que dans Totalité et infini, si nous ne trouvons pas d’analyse expresse de la notion d’ il y a, c’est seulement parce que son emploi est accompagné d’un renvoi à

Et voici que dans ce livre où s’exprime la pensée la plus mûre et la plus circonstanciée de Lévinas, la manière même de cette effectuation de l’être, l’ esse même de cette ess

L’essence s’étirant indéfiniment, sans retenue sans interruption possible – l’égalité de l’essence ne justifiant, en toute équité, aucun instant d’arrêt – sans répit, sans suspension possible –, c’est l’ il y a horrifiant derrière toute finalité propre du

– Troisième et dernière remarque qui part d’un constat de fait et d’un étonnement : toute cette méditation sur l’‘être rivé’ et l’évasion dont il suscite le besoin est aussi bien une méditation sur le corps et tous les phénomènes qu’elle analyse – le besoin, le malaise, la nudité honteuse, la nausée – sont des phénomènes liés au corps.

Et pourtant, ce mot corps est à peine présent dans le texte, il n’est prononcé qu’en passant – en deux groupes de trois occurrences qui chaque fois n’en font qu’une, et les deux fois en relation avec la honte.

En « De l’évasion », Lévinas avait pourtant publié un essai qui se voulait et qui était effectivement philosophique mais qui répondait aux préoccupations historiques les plus pressantes, Quelques réflexions sur la philosophie de l’hitlérisme. Or, cet essai, par bien des aspects annonciateur de De l’évasion, thématisait explicitement le corps comme lieu d’un enchaînement sui generis. Plus précisément le propos était de dégager ce qu’il y avait de spécifiquement nouveau dans le phénomène hitlérien, et il concluait de manière radicale : « Ce n’est pas tel ou tel dogme de démocratie, de parlementarisme, de régime dictatorial ou de politique religieuse qui est en cause. C’est l’humanité même de l’homme

Cependant, une chose est de reconnaître ce tragique sui generis lié à l’existence comme telle du corps – autre chose est de fonder une société sur une détermination de l’homme qui s ‘en contente ou même le revendique comme la valeur suprême : « L’importance attribuée à ce sentiment du corps, dont l’esprit occidental n’a jamais voulu se contenter, est à la base d’une nouvelle conception de l’homme. Le biologique avec tout ce qu’il comporte de fatalité devient plus qu’un objet de la vie spirituelle, il en devient le cœur. Les mystérieuses voix du sang, les appels de l’hérédité et du passé auxquels le corps sert d’énigmatique véhiculeperdent leur nature de problèmes soumis à la solution d’un Moi souverainement libre. Le Moi n’apporte pour les résoudre que les inconnues mêmes de ces problèmes. Il en est constitué. L’essence de l’homme n’est plus dans la liberté, mais dans une espèce d’enchaînement. Être véritablement soi-même, ce n’est pas reprendre son vol au-dessus des contingences, toujours étrangères à la liberté du Moi ; c’est au contraire prendre conscience de l’enchaînement inéluctable, unique à notre corps ; c’est surtout accepter cet enchaînement […] Une société à base consanguine découle immédiatement de cette concrétisation de l’esprit. Et alors, si la race n’existe pas, il faut l’inventer[28] ! »

Il y a donc un caractère intrinsèquement particulariste dans une société fondée, telle la société hitlérienne, sur cette acceptation ou plutôt cette revendication du corps comme lieu d’adhérence. En Elle doit faire face à l’idée d’expansion, car l’expansion d’une force présente une tout autre structure que la propagation d’une idée. » En fait, elle « apporte en même temps sa forme propre d’universalisation : la guerre, la conquête[29] ». L’année suivante de la prise du pouvoir par Hitler, le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale était prévisible pour un regard non d’historien mais de philosophe. Mais peut-être autre chose était-elle encore prévisible : l ‘évolution de l’antisémitisme raciste vers la « solution finale ». C’est en effet en parfaite cohérence avec les analyses de Lévinas que le paragraphe Volksgenosse). Un juif ne peut pas être compatriote[30] ». Etait ainsi créée une catégorie de non-‘compatriotes’ et, conséquemment de non-citoyens. Etait ainsi créée une catégories d’‘autres’, dont il allait falloir ‘purifier’ l’Allemagne puis l’Europe. Mais que cette ‘purification’ dût prendre finalement la forme de l’extermination, cela était peut-être inscrit dans la conception raciste – et, nommément, biologiste – de l’homme dans l’hitlérisme. En effet, avec elle, enchaîné à son corps, l’homme se voit refuser le pouvoir d’échapper à soi-même[31] ». Mais à l’homme qui est déterminé comme ‘autre’ et, comme tel, comme ennemi racial du genre humain, il n’est plus laissé aucune issue pour échapper à la vindicte du regard qui le vise ainsi, pas même la conversion qui avait toujours servi d’échappatoire au cours des siècles d’antisémitisme chrétien. C’est, nécessairement, dans le corps auquel il est rivé et dont il ne saurait par le fait même échapper qu’il est aussi visé. On peut donc se demander si une telle ‘visée’ ne portait pas en germe une extermination au sens exclusivement physique du terme. Cette remarque n’est pas purement rétrospective ; elle fonde sa probabilité sur les réflexions philosophiques de [32]. »

3 ème Partie

PAR L’ÉVASION

– La première, grâce à l’hypostase où l’être plus fort que la négation, se soumet, si on peut dire aux êtres, l’existence à l’existant[33]:

Cette métamorphose est trouvée dans De l’existence à l’existant et les conférences contemporaines sur le Temps et l’Autre. Hypostase, position d’un sujet dans l’être qui comme il y a le submerge, elle suppose ainsi une inversion du rapport entre l’existence et l’existant. Alors que dans la situation ‘imaginaire’ de l’

– Seconde métamorphose de l’évasion lorsque l’on devient sujet de l’être par l’intériorisation de la jouissance qui est un « au-dessus » de l’être ;

Evasion en soi, constitution d’un sujet ou d’un Moi susceptible de s’évader, telle sera encore la problématique de Totalité et infini. Au niveau de ce livre cependant, cette sortie de l’horreur de l’ il y a [s’annoncera] dans le contentement de la jouissance

Pourtant, cette figure de l’évasion ne convient pas encore au « thème inimitable qui nous propose de sortir de l’être » qu’avait annoncé l’étude de De l’existence à l’existant ni dans Totalité et infini – est de « laisser signifier des significations d’au-delà de la différence ontologique[39] ». Intention qui remet radicalement en jeu la question de la subjectivité vers laquelle, on l’aura au moins aperçu, conduisaient les précédentes métamorphoses de l’évasion. Mais intention à laquelle celles-ci ne pouvaient convenir ni suffire dans la mesure où, posant le sujet humain comme « l’étant par excellence » et semblant privilégier celui-ci par rapport à l’être, « au détriment de l’être », elles le pensaient comme Moi qui « a l’identité comme contenu » ou comme « l’être dont l’exister consiste à l’identifier, à retrouver son identité à travers tout ce qui lui arrive », bref à être le Même, non pas relativement, mais absolument[40] ». Moi se posant comme Même dans l’hypostase ou se faisant tel à travers la dialectique propre de la jouissance, Moi assurant ainsi sa sortie de l’horreur de l’ il y a en maîtrisant son existence. Ce n’est pas encore là, il s’en faut « reconnaître dans la subjectivité une ex-ception déréglant la conjonction de l’essence, de l’étant et de la ‘différence’

– La troisième métamorphose de l’évasion interviendra quand on viendra à penser le sujet comme en lui-même ou dans sa subjectivité comme telle, déjà « évadé », parce que déjà expulsé ;

Ainsi, pour voir la crise de l’être dans l’humain, il ne suffira plus de poser le sujet comme Même et, si l’on peut dire, facteur du Même ; il faudra le penser comme l’Autre-dans-le Même, et ainsi déjà comme le nœud d’une in-quiétude qui ne le laisse pas revenir à soi, pour se poser dans une identité, et ainsi déjà comme le lieu d’une expulsion : expulsion par l’Autre s’installant pour y battre au cœur du Même et expulsion pour l’Autre exigeant au-delà du possible et marquant ainsi l’identité de façon indélébile. Pour cela, il faudra écrire Autrement qu’être ou Au-delà de l’essence – comme, pour le comprendre, il faudra le lire. Sans prétendre donner accès à ce maître-livre – et d’autant moins que tel n’est en rien le propos de son introduction –, Jacques Rolland tient à citer ces quelques lignes, où se rassemblent admirablement les significations qui viennent d’être évoquées. « L’identité du même dans le ‘je’ lui vient malgré soi du dehors, comme une élection ou comme l’aspiration, en guise d l’unicité d’assigné. Le sujet est pour l’autre ; son être s’en va pour l’autre ; son être se meurt en signification[43] ». Mouvement de ‘pâmoison’ qui, à la différence du plaisir et parce qu’il ne connaît pas d’orgasme, n’inscrit pas dans son trajet la brisure contemporaine de l’extase et le retour honteux à son point de départ. Mouvement de déprise sans retenue, passive, plus passive que la passivité de la réceptivité dont l’essence est précisément d’assumer encore ce qu’elle reçoit, passive jusqu’à ne pouvoir ni consentir ni résister à son assignation de sujet ou accusé ou acculé à la responsabilité. Passive d’une passivité qu’égalerait seulement celle de la nausée où l’existant est submergé par une existence qu’il ne peut en aucune manière maîtriser. Mais, au sein de cette passivité, subjectivité encore délogée de sa torpeur, dégrisée de sa nausée même, réveillée de sa ‘gueule de bois’ – exposée sans parade à l’altérité d’Autrui qui l’identifie comme sujet en l’accusant ou en l’élisant pour mourir à sa place, pour se substituer. Subjectivité, en ce sens, structurée comme évasion, c’est-à-dire inversion en autrement qu’être du Moi qui s’identifie en persévérant dans son être , en existant au rythme de l’ess ance.

Dans cette esquisse d’analyse, deux choses semblent à Jacques Rolland devoir être soulignées. La passivité de la subjectivité dans le procès de l’élection renvoie à celle de la nausée où l’être se dévoile comme pur fait d’être et se profile déjà comme neutralité de l’ il y a. Ainsi cette notion, qui déjà s’y montre comme la manière même de l’ess

Ainsi l’horreur de l’ il y a, dont l ‘analyse de la nausée avait déjà mesuré tout le poids sous d’autres noms, devient-elle une

– La signification de l’ultime métamorphose de l’évasion que ces ligneslaissentclairementpressentirn’estautre que la dé-neutralisation éthique de l’ il y a dans l’intrigue de l’autrement qu’être.

Ainsi la ‘folle pensée’ de l’évasion finit-elle par contraindre la pensée à cette autre, plus ‘folle’ encore – ou plus sainte ? – , de « passer à l’autre de l’être, autrement qu’être. Non pas être autrement mais autrement qu’être[47]», où seulement elle prend sa pleine signification. Ainsi, ce que ne laissait entrevoir qu’encore confusément le premier essai ne trouve-t-il le moyen de se dire qu’en s’engouffrant résolument dans la dé-raison, le hors-logos, que celui-ci proposait seulement : la pensée d’un tiers-exclu. D’une ‘folie’ à l’autre, à travers avancées et reculs d’une méditation contrainte d’ouvrir son propre chemin en forgeant son propre langage[48], se dessine ainsi le parcours d’une pensée une, s’attachant à la tâche de penser en se limitant à une seule pensée. Fidélité qui définit ce qui continue à garder le nom de philosophie. Qu’il ait fallu cependant près de quarante ans et plusieurs livres qui ne furent pas seulement des intermédiaires pour aller de l’une à l’autre et pour que la dernière tienne la promesse latente de la première, laisse de son côté apparaître une seconde dimension du travail de la philosophie qui le désigne comme l’exercice de la plus longue patience.

[1] « Sortir de l’être par une nouvelle voie »

[2] « De l’évasion », étude parue en Recherches Philosophiques que dirigeaient notamment Alexandre Koyré et Albert Spïer, Jean Wahl et Gaston Bachelard.

[3] Ce type de référence renvoie à la page correspondante de « De L’évasion » d’E. Lévinas (éd

[4] L’être est.

[5] « L’impossibilité de sortir du jeu et de rendre aux choses leur inutilité de jouets annonce l’instant précis où l’enfance prend fin et définit la notion même du sérieux. Ce qui compte donc dans toute cette expérience de l’être, ce n’est pas la découverte d’un nouveau caractère de notre existence, mais de son fait même, de l’inamovibilité de notre présence »(

[6] Fait d ‘être jeté au milieu de ses propres possibilités et d’y être abandonné, Geworfenheit, à laquelle. Lévinas avait, dès « Martin Heidegger et l’ontologie ».où Lévinas lui-même avait d’ailleurs explicitement mis en rapport cette approche de l’existence avec la notion heideggérienne de Geworfenheit (art.cité, p Geworfenheit – […] qu’on traduit d’habitude par déréliction, ou par délaissement. On insiste ainsi sur une conséquence de la

[7]« Martin Heidegger et l’ontologie », art.cité p

[8] Les références données entre parenthèses à la suite des citations sont les suivantes : Was ist Metaphysik ? (Frankfurt, V. Klostermann, in Questions I (Paris, Gallimard,

[9] Il y a avec l’emploi et la fécondation du même mot dans des sens très voisins par Sartre et Lévinas, un cas de rencontre philosophique d’autant plus intéressant que l’on ne peut parler d’influence ni dans un sens ni dans l’autre. En effet, « De l’évasion » est de trois ans antérieur à la publicationdeLaNausée,mais,mêmesil’onpeutpenserqueSartreétaitunlecteur des Recherches philosophiques, on ne peut oublier que la toute première version du roman remonte à

[10]Totalité et Infini. Essai sur l’extériorité, La Haye, Martinus Nijhoff,

[11]De l’ Existence à l’Existant, Vrin

[12] L’expression est utilisée par Lévinas dans « Signature » ; voir Difficile liberté, Paris, Albin Michel

[13] EE, p

[14] TA, p

[15] Blanchot, « Notre compagne clandestine » in Textes pour Emmanuel Lévinas, Paris, Jean-Michel Place,

[16] C’est ce que J. Rolland a essayé de montrer dans une étude sur le neutre chez Blanchot, « « Pour une approche de la question du neutre », in Exercices de la patience, n°

[17] Blanchot, L’Espace littéraire, Paris, Gallimard, il y a lévinassien ; la seconde, plus mince, à ce fait assez étonnant que Blanchot employa le terme

[18] EE, Préface à la

[19] Abandon qui en souligne le caractère cartésien, la rapproche de la stratégie du doute hyperbolique ( voir en ce sens, tout particulièrement, les dernières pages de la Première Méditation.

[20] Et, parmi elles, la toute première, où on lit ceci : « L’ esse de l’être domine le ne-pas-être lui-même. »

[21] De Dieu qui vient à l’idée, Paris,Vrin

[22] AE, p

[23] AE, p

[24]Quelques réflexions…p

[25]Quelques réflexions…p

[26] TA, p

[27]Quelques réflexions…p

[28]Idem, p

[29]Quelques réflexions…p

[30] On trouve le texte dans Le Bréviaire de la haine de Léon Poliakov, Paris, Calmann-Lévy,

[31]Quelques réflexions…p

[32] Raul Hilberg, La Destruction des Juifs d’Europe, trad. A . Charpentier et M.-F. de Paloméra, Paris, Fayard,

[33] EE, préface à la

[34] EE, p

[35] TA, p

[36] EE, p

[37] TI, p

[38] TI, p

[39] C’est Jean Luc Marion qui, dans L’Idole et la Distance (Paris, Grasset, Totalité et Infini procédait à une (simple) inversion des termes de la différence ontologique et, par le fait même, en restait prisonnier. Il est revenu par la suite sur la question (« Note sur l’indifférence ontologique » in Emmanuel Lévinas. L’éthique comme philosophie première, Paris, Le Cerf Autrement qu’être – que L’Idole et la Distance ignorait superbement – ne fonctionne plus selon cette logique d’inversion et, dans cette mesure même, se donne les moyens de « laisser signifier des significations d’au-delà de la différence ontologique ».

[40] TI p

[41] AE, p X.

[42] « Le moi, c’est la crise même de l’être de l’étant dans l’humain » (« Ethique comme philosophie première » in Le Nouveau Commerce, cahier

[43] AE, p

[44] C’est ce que montrent les pages essentielles ou véritablement centrales (au sens que Blanchot donne à ce mot dans L’Espace littéraire), du chapitre ‘Sens et il y a’ aux lignes suivantes : « L’

[45] L’expression est proposée dans EE, préf. A la

[46] « La signification – le pour l’autre, ne sera pas un acte de libre assomption, ne sera pas un pour soi qui renie sa propre résignation ; ni la gratuité ludique où la gravité de l’altérité s’en va en fumée dans l’allégresse et l’extase (de celui qui ne fait rien que se celer) comme un ‘rien du tout’ dans l’équivalence du tout et du rien. La signification est la délivrance éthique du Soi par la substitution à l’autre. Elle se consomme comme expiation pour l’autre. Soi d’avant toute initiative,

d’avant tout commencement, signifiant anarchiquement avant tout présent. Délivrance en soi d’un Moi réveillé de son rêve impérialiste, de son impérialisme transcendantal, réveillé à soi, patience en tant que sujétion à tout »( AE, p

[47] AE, p

[48] Il semble possible à J. Rolland d’affirmer que c’est grâce à l’abandon du langage ontologique seulement que les analyses ont pu passer de l’analyse à la transcendance. De sorte que le tour de pensée qui s’est inventé dans Autrement qu’être est indissociable du tour d’écriture dans lequel il s’exprime.