FONDEMENT DES DROITS DE LHOMME On parle de « Droits de lHomme » ou de « respect de la dignité de lHomme » comme quelque chose dindubitable, de facile à comprendre, comme sil nétait pas nécessaire de sen préoccuper tant la chose va delle-même. Une telle conduite permet dentretenir le flou et déviter toute interrogation à la philosophie et encore moins à la métaphysique. Il nest pas sûr que la « dignité de lHomme » existe, (ni dailleurs quelle nexiste pas), dans toutes les civilisations, et dans toutes les conceptions anthropologiques. Même dans lOccidentale, si, on fait abstraction du théisme issu du dépassement du panthéisme des Grecs et de Spinoza , du christianisme, de lIdéalisme absolu, ou dun patchwork de tous ces « ismes », quelle évidence quasi empirique pourrait bien revêtir lidée dune respectabilité conséquente de nos semblables dans leurs incessantes provocations sociétales.Lhéroïsme de Maïdan, fût-il exemplaire, nest que le contre-jour des manquements proférés,en toute impunité,par les dirigeants ukrainiens. La vérité, cest que létat desprit occidental sur ce sujet, résulte assez souvent dun mélange complexe et dune démarche à la fois logique, plus ou moins contrainte, mais toujours inappropriée, dont le résultat est, selon le plaidoyer de Henri Hude dans Prolégomènes une illusion pseudo-sceptique dont nous retiendrons les six points principaux : 1°/les gens croient en général à la dignité humaine par référence à leur identité chrétienne, ou à sa forme sécularisée par la métaphysique de la LIBERTÉ prônée par les laïques. 2°/dautres gens pensent quelle existe, parce quils répugnent à avouer le contraire, ce qui les entraînerait à fustiger les lois qui laffirment, avec le risque pour eux, de passer pour des fascistes ou des cyniques. 3°/ certains autres ont cette croyance par esprit de tolérance. Dans leurs rangs, figurent notamment ceux qui sont intimidés par une conception « négative » de la laïcité, alors quils ont personnellement, soit foi en Jésus, soit quils admettent une métaphysique éclairée de la LIBERTÉ. 4°/ dautres encore, par respect des consciences, senferment dans une position contrainte, totalement inappropriée qui les amène à pratiquer la « langue de bois » : ils nosent ni mettre en doute la « dignité humaine », ni laffirmer dogmatiquement. 5°/peu dentre nous, il est vrai, envisagent que cette croyance peut exister ailleurs quen Occident. Ils redoutent alors de passer pour ignorants ou doffenser des quidams qui en témoigneraient. 6°/la plupart dentre nous, tels quils ont été soumis dans nos écoles à un enseignement pseudo-critique, pensent que lidée de la dignité humaine se présente comme une affirmation sans fondement raisonnable, et même pas comme un objet de foi morale rationnelle, mais en définitive, comme un simple objet de pure croyance arbitraire et néanmoins absolue. Nous sommes donc amenés à penser quil existe une corrélation logique entre le respect de la « dignité humaine » et le scepticisme (ou ses corrélats, y compris le relativisme bas de gamme). Et quand nous en sommes là, la dignité humaine, semble être une doctrine à base sceptique, alors quil ny a là que le reflet illusoire dune situation marquée par le défaut de LIBERTÉpratique tant de parole que de pensée. Il reste vrai, bien entendu, que si les tenants des religions ou métaphysiques diverses se font la guerre pour des motifs religieux ou métaphysiques, alors la « dignité humaine » est plus que compromise, elle est défaite. Dans ces conditions, le sceptique, par sa neutralité proclamée, restera au-dessus de la mêlée dans une position arbitrale. Mais comme il est pseudo-sceptique, on peut aussi se demander si sa neutralité ne sera pas une pseudo-neutralité. Et le philosophe bergsonien de conclure : « Cest donc quune affirmation métaphysique se trouve à la base de la dignité humaine qui nous fait dire que lHomme est lAbsolu (christologie monophysite sécularisée et généralisée). Et sil advenait que nous récusions cette métaphysique, loption Foi en Dieu et en Jésus-Christ reste ouverte, afin de pouvoir confesser : un Homme est Dieu, Jésus, et tous les hommes peuvent recevoir, par lunion à Lui, une communication de la nature divine. Mais si lon persiste dans le scepticisme pur et dur qui fait douter de tout radicalement, donc aussi de lidée de « dignité » humaine », on ne voit pas comment on peut encore maintenir cette idée autoproclamée et combien faillible ».
|