InitiationPhilo

Parcours Autres perspectives Mises à jour du site 03/07//2016 ajout : 16/06//2016 ajout : 01/06//2016 ajout : 15/05//2016 ajout : 01/05//2016 ajout : 10/04//2016 ajout : 02/04//2016 ajout : 24/03//2016 ajout : 05/03/2016 nouvelle perspective : 09/02/2016 ajout : 09/02/2016 ajout : 24/01//2015 ajout : 03/01/2016 ajout : 26/12//2015 ajout : Phénoménologie 05/12//2015 ajout : Liens Wikipédia Visites | Parcours ricordien - Les deux pôles de l'existence LES DEUX PÔLES DE LEXISTENCE Selon Paul Ricur, dans « pôles de réflexion. Cest elle qui met, au centre de la philosophie la tâche de sapproprier laffirmation originaire à travers les de son activité dans le monde ou dans lhistoire : cest elle qui fait de cette philosophie une Éthique, au sens fort et vaste que Spinoza a donné à ce mot, cest-à-dire une histoire exemplaire du désir dêtre [signesLéthique comme sphère de décisions]. Que devient dans cette éthique la théorie du . uvreEn effet, ce qui suit immédiatement linégalité de lexistence à elle-même, cest l « alternance » entre deux mouvements, celui d« ». Replacé dans le champ de cette alternance, le problème de la son expansion dans le monde prend une signification nouvelle : « ce que la réflexion saisit et affirme comme conscience pure de soi, le Moi se lapproprie comme valeur dans la mesure même où il se crée et devient réellement pour soi. Autant dire que la valeur apparaît en vue de lexistence et pour lexistence, quand la conscience pure de soi sinfléchit déjà vers le monde pour y devenir principe ou règle de laction, en même temps que mesure de la satisfaction dans une conscience concrète ». Cest dans ce mouvement que nous retrouvons loubli de lacte dans le valeur: « La valeur est toujours liée à une certaine occultation du principe qui la fonde et la soutient A cet égard, loccultation du principe générateur de la valeur est lexpression dune loi qui affecte toutes les manifestations de lesprit humain. Ce que Maine de Biran dit des signe , cest-à-dire des signes qui révèlent à la conscience sa puissance constitutive, il faut le dire également des actes. Et pourtant, cette occultation « nest point diminution ou fléchissement du principe », comme dans les philosophies néo-platoniciennes de lintelligible. Le risque de trahison est sur le chemin même de lépreuve hors de laquelle il nest point dappropriation de soi.valeursPeut-on aller plus loin que cette loi du signe ? Nabert suggère que le glissement du prédicat de valeur courageux, généreux à lessence du courage, de la bonté, procède de loubli du « caractère fondamental de lesprit de saffecter par ses propres créations ». Cest cette affectation de soi par soi, déjà invoquée par Kant dans la deuxième édition de la Peut-être faudrait-il trouver ici la loi de tout est d« obtenir du réel et de la vie une expression de [lintention créatrice] qui passe toute expression et toute réalisation ». Or, cette surélévation du désir par la valeur, cest le passage au valeur : « Des conditions de rigueur sans cesse accrue, des règles, des formes, des signes, des langages, substituent des perceptions ou des actions nouvelles aux actions et aux perceptions qui se faisaient dans des directions inscrites à linstinct Chacun des systèmes de symboles produits selon cette volonté de rigueur est tout dabord comme une méthode de dissolution du réel quil soffre à la conscience immédiate symbolePar ce double accès à la , il faut dire quelle « crée linstrument, la matière de la valeur, autant que la valeur elle-même ». Cest dans cette imagination et dans la loi de laffection de soi par soi qui lui appartient imaginationet qui est le temps lui-même quil faudrait chercher la clef du dédoublement, qui nous a occupé dans cet article. Cest comme durée que la création jaillit mais cest comme temps que ses uvres se déposent en arrière de la durée et demeurent inertes, offertes au regard, comme des objets à contempler ou des essences à imiter.Sil fallait résumer sous un seul titre ce jeu de manifestation et doccultation, dans le motif et dans la valeur, cest celui du phénomène quil faudrait préférer. Le phénomène, cest la manifestation, dans une « expression saisissable », « dune opération intérieure qui ne peut sassurer de ce quelle est quen sefforçant vers cette expression ». Le phénomène est le corrélat de cette assurance de soi dans la différence à soi-même ; parce que nous ne sommes pas immédiatement en possession de nous-même, mais toujours inégaux à nous-même, parce que, selon lexpression de l On comprend alors que « le monde sensible tout entier et tous les êtres avec qui nous avons commerce nous apparaissent parfois comme un texte à déchiffrer ». Pour employer un langage que luvre de Nabert semble encourager : parce que la réflexion nest pas une intuition de soi par soi, elle peut être, elle doit être une herméneutique [dont le vu le plus profond est de voir relier le langage symbolique à la compréhension de soi]. (a) Cest dans lidée de mixte que celle du motif (psychologie de la liberté et psychologie de la volition). La valeur regarde à la fois du côté de la norme « objective » et du côté de ladhésion contingente de la conscience : « La raison ne peut fournir que des normes. Cest la synthèse de ces normes et de la liberté qui donne des valeurs. Il ny a de valeur que par une adhésion contingente de la conscience aux normes dune pensée faite pour limpersonnalité. Lobjectivité des valeurs exprime la résistance des normes à notre désir, leur subjectivité exprime le consentement sans lequel la valeur ne serait quune force.Ce double visage de la valeur semblable à celui du motif, donne loccasion du même dédoublement ; loubli de linitiative qui soutient la valeur produit le même effacement de la conscience devant la vérité de lordre ; cest le même « transfert » du sujet de laction vers le pôle dentendement ou de raison qui donne à l Date de création : Réactions à cet article |

Accueil Liens Stats Téléchargements

  • Accueil
  • Liens
  • Stats
  • Téléchargements
Parcours Parcours lévinassien - Présentation - Au-delà du sens commun - Besoin d'évasion - Civilisation européenne - Contextualité et universalité - Heidegger vu par Lévinas - Itinéraire lévinassien - L'ordre humain - La création ex-nihilo - La créature théomorphe - La foi et l'islam - La société hitlérienne - Le verset et l'au-delà du verset - Lectures talmudiques - Lévinas admirateur de Rosenzweig - Méditations cartésiennes - Totalité et Infini - Un duo sur l'Art - Une philosophie de la liberté - une même interrogation éthique - Présence de Lévinas - Attestation de soi - Intelligibilité du visage - Visage et Raison - Visage - attestation de soi - La guerre vue par Lévinas Parcours axiologique - Présentation - Eléments pour une éthique - Eminents penseurs de la liberté - L'édifice moral de Kant - La liberté selon l'espérance - La valeur sans frontière - Une éthique sociétale - Vie animale, vie humaine - La mondialisation et son orientation - Les valeurs et les fins directrices de la vie moderne Parcours cartésien - Présentaion - Le doute cartésien - Le cogito cartésien - Les trois réalités cartésiennes - Sur les pas de Descartes (1) - Sur les pas de Descartes (2) - Notes philosophiques de Charles Péguy (IV) - Texte propre à la méthode de Descartes - Le modèle de Bohm et la prescience de Descartes Parcours hellénique - Présentation - Sophia - Le scepticisme critique - La filière grecque de la logique - Synthèses platoniciennes - La philosophie hellénistique (I) - La philosophie hellénistique (II) - La Mathématique onto-logique - Lexique mots grecs - Cogito socratique - Nihilisme et Socratisme - Le néoplatonisme : Plotin - Platon, un philosophe engagé - La caverne de Platon revisitée par Heidegger - Du bien Parcours ricordien - Présentation - Fonder l'herméneutique - Conscient et inconscient - La symbolique du mal - Culpabilité, éthique et religion - Culture, psychanalyse, éthique - La paternité : du fantasme au symbole - L'action sans agent - L'agent de l'action - Philosophie du proche - Horizon d'attente et espace d'expérience - La Phénoménologie de la promesse - La tradition - Transcendantaux du temps - Du même à l'autre et de l'autre au même - Du Cogito à l'herméneutique de soi - De l'intention à l'attestation du soi - La Personne - Fondement philosophique de l'écologie - La disponibilité : entre éthique et ontologie - Structuralisme et herméneutique - Rhétorique, poétique, herméneutique - Dieu et l’Etre (I) - Dieu et l’Etre (II) - Dieu et l’Etre (III) Les deux pôles de l'existence Parcours spinoziste - Présentation - La vérité - La connaissance rationnelle - La méthode spinoziste - La substance et les attributs - La théorie des modes - Notre connaissance de Dieu - Ce qu'est l'homme - Nature humaine et liberté - Etre et savoir - Projet spinoziste - Théorie des affections - Spinozisme et cartésianisme Parcours habermassien - Présentation - Ses deux oeuvres maîtresses - Genèse du concept d'agir communicationnel - Ethique de la discussion - Théorie de l’idéologie d’Habermas - Kantisme et christianisme - Religion et sphère publique - Science et technique comme idéologie - Etude critique de Marx - Entre foi et savoir (1) - Entre foi et savoir (2) - La sphère publique - Transformation des structures sociales de la sphère publique - Evolution des fonctions politiques de la sphère publique - Concept d’opinion publique - Autorefléxion des sciences de la nature Parcours deleuzien - Opposer la répétition à la généralité - Notes philosophiques de Charles Péguy (I) - Notes philosophiques de Charles Péguy (II) - Notes philosophiques de Charles Péguy (III) - L’univocité de l’Etre Parcours bergsonien - Notes philosophiques de Charles Péguy (V) - La « double frénésie » selon Bergson - Philosophie bergsonienne du banal - Bergson et James - Bergson puis Bachelard (1) - Bergson puis Bachelard (2) - Bergson puis Bachelard (3) - Bergson puis Bachelard (4) Parcours augustinien - Saint Augustin en trois œuvres majeures Parcours braguien - Présentation - La culture selon Rémy Brague - La vérité dans ses différents contextes - Eduquer pour la liberté - La tradition - Dialogue interreligieux - La romanité de l'Europe (1) - La romanité de l'Europe (2) - La romanité de l'Europe (3) - Nos bases intellectuelles et cultuelles - Sagesse du monde (1) - Sagesse du monde (2) - Sagesse du monde (3) - Sagesse du monde (4) - Sagesse du monde (5) - Sagesse du monde (6) - Sagesse du monde (7) - Quatre modèles de l'excellence humaine - Règne de l'homme (1) - Règne de l'homme (2) - L'Islam tel que précisé par Rémi Brague - Les tiraillements subis par l'homme en son propre - Qui fait l'Homme - L'ordre d'être Glossématique - Présentation - Projet philosophique de Lévinas - Connaissance - Ethique(L') - Etre(L') - Humain(L') - Infini(L') - Justice - Liberté - Raison - Transcendance - Vérité - Volonté - Magiques ! ces glossèmes Synthèses - Temps modernes - Le maximum dans le minimum - L'après mai-68 - Sphères de l’existence - Rôle de la philosophie dans l'évolution des sciences 1 - Rôle de la philosophie dans l'évolution des sciences 2 - Rôle de la philosophie dans l'évolution des sciences 3 - Les deux pôles de la vie de l'homme et du monde - L’intériorité - L’homme-promesse - L’épanouissement - Dieu et la double idolâtrie - Entre idole et icône - Du site eucharistique de la théologie - Failles de notre système scolaire - Intempestiva sapientia - Pensée américaine (1) - Pensée américaine (2) - Interprétation philosophique des théories d'Einstein - Noumène et microphysique - Philosphes ayant inspiré Einstein - Le monde quantique - Gouvernance de notre réalité - L'espace en partage - De la particule à l'information I - De la particule à l'information II - De la particule à l'information III - Histoire de l'éléctricité et du magnétisme - Peinture et philosophie - Le message quantique - L'intrication quantique (expérience GHZ) - L'intrication quantique (Théorie) - L'intrication (Applications technologiques) - Une brève sur le monde quantique(1) - Une brève sur le monde quantique(2) - Le paradigme ternaire [Corps-Esprit-Ame] - L'ennéagramme de la personne - Le Judéo-Christianisme Ouvrages publiés - Présentation Suivi des progrès aux USA - Suivi USA octobre 2011 - Suivi USA novembre 2011 - Suivi USA décembre 2011 - Suivi USA janvier 2012 - Suivi USA février 2012 Parcours psychophysique - Présentation - Vivre dans la vérité - Le désir et le bien - Au-delà de l'attention et de la vigilance - La pensée et la perception - La tradition et la vérité - La vision libératrice - Intelligence de l'amour - Abrégé de psychophysique L'art et la science - Braque en découvreur - Le Georges Braque de Carl Einstein - Le doute de Cézanne I - Le doute de Cézanne 2 - L'art en synchronie avec la science - L'ordre caché de l'art 1 - L'ordre caché de l'art 2 - L'ordre caché de l'art 3 - La vision du monde chez l'enfant - Analyse structurale de l'oeuvre créatrice 1 - Analyse structurale de l'oeuvre créatrice 2 - Analyse structurale de l'oeuvre créatrice 3 Parcours nietzschéen - Présentation - Topologie de l'éternel retour - Structures cachées - L'homme à l'intelligibilité des choses Philosophies médiévales - Présentation - De l'Europe médiévale à nos jours - Les non-dits sur le moyen âge (1) - Les non-dits sur le moyen âge (2) - Les non-dits sur le moyen âge (3) - Index des philosophes du moyen âge - Averroès et le discours décisif - La défense d'Averroès Autres perspectives Archéologie - Voies romaines et colonnes milliaires Economie - Developpement durable - Deux capitalismes du monde occidental - Economie de marché - Gouvernance du marché - L'innovation transformée en emplois - Volcker ou Vickers Sciences politiques - Survivance du trotskisme - Le régime parlementaire - Sujets de la réforme(1) - Sujets de la réforme(2) - Sujets de la réforme(3) - Cent révoltes ne feront jamais la révolution - La banalisation politique - Persistance du marxisme - Idéologie et terreur - Symboles Nationaux 1 - Symboles Nationaux 2 - Ecologie et Politique(1) - Ecologie et Politique(2) - Standards de la révolution - Le libéralisme - Quatre indicateurs concernant la révolte - Parler d’identité nationale - Le modèle des associations de Tocqueville - Repenser la démocratie (1) - Repenser la démocratie (2) - Repenser la démocratie (3) - La Démocratie américaine - Vers un nouveau secteur financier américain - Politique étrangère américaine - La dimension militaire aux USA - Théocratie ou démocratie - Politiquement correct - TVA, injuste ou géniale ? - Trois lois nous gouvernent - La société libre vue de l'extérieur (statiquement) - La société libre vue de l'extérieur (dynamiquement) - La culture de la liberté - Fondement des Droits de l'Homme - La liberté dans la civilisation européenne - Le matérialisme historique originé à Vico - La promotion de l'égalité... - Les chemins de l'identité - L'idée de génération Sociologie - L'égalité à marche forcée - Laïcité(1) - Laïcité(2) - L'intersexualité diversement appréciée - L'idéologie comme... - L'utopie telle qu'en elle-même - Systèmes de l'ordre social - Catégories de Weber - Le symbole et les images - Le bien fondé des idéaltypes de Weber - L’individu social - Le sujet personne menacé - Le lien social (1) - Le lien social (2) - Le lien social (3) - Le lien social (4) - Le bouc émissaire - Le Fondamentalisme - Le tennis un + pour la démocratie - Sport mental : une méthode heuristique - Penser la postmodernité (1) - Penser la postmodernité (2) - Penser la postmodernité (3) - Le vivre-ensemble - Le penser passionné - L'inutile comme catégorie - Crise de la transmission (1) - Crise de la transmission (2) - L'affrontement au tennis Poésie - René Char et Braque - René Char et Picasso - Réné Char et de La Tour - Réné Char et de Staël - L’essence du poétique - Le référent dans la production littéraire - Bachelard, précurseur dans le traitement automatique de l'information Théologie 1 - Exégèse patristique de l'ancien testament - Présentation - Livres du pentateuque 1 - Livres du pentateuque 2 - Livres du pentateuque 3 - Livres historiques 1 - Livres historiques 2 - Livres historiques 3 - Livres historiques 4 - Livres historiques 5 Théologie 2 - Le nouveau testament - Présentation - Nouvelle Alliance - Christologie 1 - Christologie 2 - Christologie 3 - Ecclésiologie - Christologie 4 - Christologie 5 - Christologie 6 - Mariologie 1 - Mariologie 2 - Epilogue Théologie 3 - Présentation - Le thomisme et l'onto-théo-logie - Dieu sans l'Être - Réflexions d'anthropologie théologique - Le souffle divin en trois croyances Psychanalyse générale - Avec Gaston Bachelard - Les mots ordonnés de la Biogée - Bachelard - l'invitation au poème - Bachelard précurseur Points d’histoire revisités - Introduction - 14-18, le conflit et ses épiphénomènes - La transmission du savoir antique - La colonisation : intrication du mal et du bien - La France et l'islame - Le Jésus de l'histoire - La révolution en partage (1) - La révolution en partage (2) Edification morale par les fables - Philosophie et morale - Désignation selon les fables des comportements recommandés (1) - Désignation selon les fables des comportements recommandés (2) - Un enseignement dans la droite ligne socratique Histoire - Points de vues sur l'histoire et sa transmission - Critiques du projet de réformes du CSP - L'occident chrétien (1) - L'occident chrétien (2) - La réforme clunisienne - Notions développées par Louis Manaranche - Plaidoyer pour notre enracinement judeo-chrétien - En prélude à "La grande aventure de l'humanité" - Les premières religions de dévotion - La dernière en date des religions de dévotion - Histoire de la civilisation occidentale (1) - Histoire de la civilisation occidentale (2) - L'histoire et ses interprétations - Le règne humain (Écoumène) - La cité humaine Phénoménologie - Synthèse programmatique - Les enseignements des "Conférences de Paris" - Sommaire des leçons du professeur Edmund Husserl - Conclusions de Husserl sur ses "méditations cartésiennes" - Le phénomène érotique - Sympathie et respect - Husserl et le sens de l'histoire - Synthèse didactique - Le sentiment - L'intersubjectivité, thème fétiche pour Husserl et Habermas - La constitution du monde spirituel - Le pragmatisme et ses représentants Philosophie et science - Le quantique en son postulat et en son ontologie - La science contemporaine selon Roland Omnès - Les idées rectrices de la physique formelle - La physique comme discipline de la connaissance - Penser le monde en partant du quantique - Expérimenter le monde - Glossaire - La composition atomique du corps humain - Le message hologrammique de David Bohm - Le message ontonomique de Lama Darjeeling Rinpoché - Le fondement informationnel de la physique formelle Mises à jour du site 03/07//2016 ajout : Parcours Hellénique - Du bien 16/06//2016 ajout : Philosophie et science - Le fondement informationnel de la physique formelle 01/06//2016 ajout : Philosophie et science - Le message ontonomique de Lama Darjeeling Rinpoché 15/05//2016 ajout : Philosophie et science - Le message hologrammique de David Bohm 01/05//2016 ajout : Philosophie et science - La composition atomique du corps humain texte modifié : - Le Judéo-Christianisme 10/04//2016 ajout : Philosophie et science - Glossaire 02/04//2016 ajout : Philosophie et science - Penser le monde en partant du quantique - La physique comme discipline de la connaissance - Expérimenter le monde 24/03//2016 ajout : Philosophie et science - La science contemporaine selon Roland Omnès - Les idées rectrices de la physique formelle 05/03/2016 nouvelle perspective : Philosophie et science - Le quantique en son postulat et en son ontologie 09/02/2016 ajout : Synthèses - Le Judéo-Christianisme 09/02/2016 ajout : Sociologie - L'affrontement au tennis 24/01//2015 ajout : Parcours axiologique - Les valeurs et les fins directrices de la vie moderne Phénoménologie - Le pragmatisme et ses représentants 03/01/2016 ajout : Phénoménologie - La constitution du monde spirituel 26/12//2015 ajout : Parcours Braguien - Les tiraillements subis par l'homme en son propre - Qui fait l'Homme - L'ordre d'être Phénoménologie - L'intersubjectivité, thème fétiche pour Husserl et Habermas 05/12//2015 ajout : Parcours braguien - L'Islam tel que précisé par Rémi Brague Phénoménologie - Le sentiment Liens Wikipédia Bachelard– Une nouvelle appréhension des quatre élémentsExistence de Dieu– Argument icônique– Argument christique– Autres arguments(argument onto-théologique d’Heidegger)Identité nationale– France (Parler d’identité nationale) Visites visiteurs visiteurs en ligne Parcours ricordien - Les deux pôles de l'existence lire ce texte au format pdfLES DEUX PÔLES DE L’EXISTENCE Dédoublement entre la pure production dans les actes et leur occultation dans les signes Selon Paul Ricœur, dans « Conflit des interprétations », la question épistémologique de la diversité des pôles de réflexion – un pôle de vérité et un pôle de liberté (ceux du Cogito) – est dépassée au profit d’une problématique plus radicale, celle de l’existence (219). S’il demeure toujours une différence entre la conscience qui se promeut et celle qui se regarde, c’est que l’existence elle-même est constituée par une double relation : entre une affirmation qui l’institue et passe sa conscience, et un défaut d’être qu’atteste le sentiment de la faute, de l’échec, de la solitude. « L’inégalité de l’existence à elle-même » est première par rapport à la pluralité des pôles de réflexion. C’est elle qui met, au centre de la philosophie la tâche de s’approprier l’affirmation originaire à travers les signes de son activité dans le monde ou dans l’histoire : c’est elle qui fait de cette philosophie une Éthique, au sens fort et vaste que Spinoza a donné à ce mot, c’est-à-dire une histoire exemplaire du désir d’être [L’éthique comme sphère de décisions]. Que devient dans cette éthique la théorie du signe dont [la double esquisse se rencontre dans la théorie du motif et de la valeur (a)] ? C’est le deuxième thème qui englobe maintenant le premier, mais, s’il peut maintenant jouer ce rôle, c’est qu’il est lui-même dégagé d’une théorie préalable ; il ne suppose plus qu’une chose : le rapport que la liberté noue avec le monde au cœur de l’œuvre. En effet, ce qui suit immédiatement l’inégalité de l’existence à elle-même, c’est l’ « alternance » entre deux mouvements, celui d’« une concentration du moi à sa source » et celui « de son expansion dans le monde ». Replacé dans le champ de cette alternance, le problème de la valeur prend une signification nouvelle : « ce que la réflexion saisit et affirme comme conscience pure de soi, le Moi se l’approprie comme valeur dans la mesure même où il se crée et devient réellement pour soi. Autant dire que la valeur apparaît en vue de l’existence et pour l’existence, quand la conscience pure de soi s’infléchit déjà vers le monde pour y devenir principe ou règle de l’action, en même temps que mesure de la satisfaction dans une conscience concrète ». C’est dans ce mouvement que nous retrouvons l’oubli de l’acte dans le signe : « La valeur est toujours liée à une certaine occultation du principe qui la fonde et la soutient A cet égard, l’occultation du principe générateur de la valeur est l’expression d’une loi qui affecte toutes les manifestations de l’esprit humain. Ce que Maine de Biran dit des signes, c’est-à-dire des actes qui révèlent à la conscience sa puissance constitutive, il faut le dire également des valeurs. Et pourtant, cette occultation « n’est point diminution ou fléchissement du principe », comme dans les philosophies néo-platoniciennes de l’intelligible. Le risque de trahison est sur le chemin même de l’épreuve hors de laquelle il n’est point d’appropriation de soi. Peut-on aller plus loin que cette loi du signe ? Nabert suggère que le glissement du prédicat de valeur – courageux, généreux – à l’essence du courage, de la bonté, procède de l’oubli du « caractère fondamental de l’esprit de s’affecter par ses propres créations ». C’est cette affectation de soi par soi, déjà invoquée par Kant dans la deuxième édition de la Critique, qui rend possible le dédoublement du mouvement générateur et de la loi intérieure de ce mouvement : une essence naît lorsque l’acte créateur se retire de ses créations, de ses rythmes d’existence intime, offerts désormais à la contemplation. L’affection de soi par soi paraît bien être une sorte d’inertie de l’imagination productrice : « Il est manifeste que l’idéalité des valeurs connues n’est rien de plus que l’idéalité des créations, des directions permanentes nées de l’imagination productrice, et devenues règles d’action et d’évaluation pour la conscience individuelle. Elles sont revêtues, certes, d’une autorité qui passe les mouvements contingents de la conscience. Mais seul le dédoublement de l’esprit, capable tout ensemble de créer et de s’affecter soi-même par ses propres créations, donne un caractère spécieux à la transcendance des essences ». Peut-être faudrait-il trouver ici la loi de tout symbole, dont la psychanalyse nous a montré par ailleurs qu’il cache et montre, qu’il exprime et déguise. Nabert lui-même esquisse une généralisation semblable, lorsqu’il explore le trajet inverse du désir vers la valeur, par un mouvement semblable à celui de l’ouvrage intérieur, remontant de la tendance psychologique vers le motif et l’acte. Partant donc du désir, nous dirons que tout le sens et la prétention de la valeur est d’« obtenir du réel et de la vie une expression de [l’intention créatrice] qui passe toute expression et toute réalisation ». Or, cette surélévation du désir par la valeur, c’est le passage au symbole : « Des conditions de rigueur sans cesse accrue, des règles, des formes, des signes, des langages, substituent des perceptions ou des actions nouvelles aux actions et aux perceptions qui se faisaient dans des directions inscrites à l’instinct Chacun des systèmes de symboles produits selon cette volonté de rigueur est tout d’abord comme une méthode de dissolution du réel qu’il s’offre à la conscience immédiate Par ce double accès à la valeur, objectivation de l’acte pur et symbolisation du désir naturel, nous accédons au foyer tant cherché : comme chez Kant, l’ « imagination fait le passage ». C’est l’imagination qui recèle la double puissance d’exprimer, puisqu’elle « symbolise » le principe en le vérifiant, et qu’elle élève au symbole le désir par la volonté de rigueur. De cette imagination, il faut dire qu’elle « crée l’instrument, la matière de la valeur, autant que la valeur elle-même ». C’est dans cette imagination et dans la loi de l’affection de soi par soi qui lui appartient – et qui est le temps lui-même – qu’il faudrait chercher la clef du dédoublement, qui nous a occupé dans cet article. C’est comme durée que la création jaillit mais c’est comme temps que ses œuvres se déposent en arrière de la durée et demeurent inertes, offertes au regard, comme des objets à contempler ou des essences à imiter. S’il fallait résumer sous un seul titre ce jeu de manifestation et d’occultation, dans le motif et dans la valeur, c’est celui du phénomène qu’il faudrait préférer. Le phénomène, c’est la manifestation, dans une « expression saisissable », « d’une opération intérieure qui ne peut s’assurer de ce qu’elle est qu’en s’efforçant vers cette expression ». Le phénomène est le corrélat de cette assurance de soi dans la différence à soi-même ; parce que nous ne sommes pas immédiatement en possession de nous-même, mais toujours inégaux à nous-même, parce que, selon l’expression de l’Expérience intérieure de la liberté, nous ne produisons jamais l’acte total que nous rassemblons et projetons dans l’idéal d’un choix absolu, – il nous faut sans fin nous approprier ce que nous sommes à travers les expressions multiples de notre désir d’être. Le détour du phénomène est alors fondé dans la structure même de l’affirmation originaire comme différence et comme rapport entre la conscience pure et la conscience réelle. La loi du phénomène, c’est indivisément une loi d’expression et d’occultation. On comprend alors que « le monde sensible tout entier et tous les êtres avec qui nous avons commerce nous apparaissent parfois comme un texte à déchiffrer ». Pour employer un langage que l’œuvre de Nabert semble encourager : parce que la réflexion n’est pas une intuition de soi par soi, elle peut être, elle doit être une herméneutique [dont le vœu le plus profond est de voir relier le langage symbolique à la compréhension de soi]. (a) C’est dans l’idée de valeur que la « convertibilité » de la liberté et de la raison apparaît. L’idée de valeur offre ainsi le même caractère mixte que celle du motif (psychologie de la liberté et psychologie de la volition). La valeur regarde à la fois du côté de la norme « objective » et du côté de l’adhésion contingente de la conscience : « La raison ne peut fournir que des normes. C’est la synthèse de ces normes et de la liberté qui donne des valeurs. Il n’y a de valeur que par une adhésion contingente de la conscience aux normes d’une pensée faite pour l’impersonnalité. L’objectivité des valeurs exprime la résistance des normes à notre désir, leur subjectivité exprime le consentement sans lequel la valeur ne serait qu’une force. Ce double visage de la valeur semblable à celui du motif, donne l’occasion du même dédoublement ; l’oubli de l’initiative qui soutient la valeur produit le même effacement de la conscience devant la vérité de l’ordre ; c’est le même « transfert » du sujet de l’action vers le pôle d’entendement ou de raison qui donne à l’idéal son apparente extériorité. Ce transfert est loin d’être une déchéance ; grâce à lui, je peux me juger ; néanmoins c’est une pente qu’il faut sans cesse remonter afin de délivrer la spontanéité première, d’où procèdent les actes, de la contemplation et de la fascination de l’ordre. Date de création : 01/05/2010 @ 17:31 Dernière modification : 08/06/2010 @ 17:33 Catégorie : Parcours ricordien Page lue 2919 fois Réactions à cet article Personne n'a encore laissé de commentaire.Soyez donc le premier !
Personne n'a encore laissé de commentaire.Soyez donc le premier !

Parcours lévinassien

Parcours axiologique

Parcours cartésien

Parcours hellénique

Parcours ricordien

Parcours spinoziste

  • - Présentation
  • - La vérité
  • - La connaissance rationnelle
  • - La méthode spinoziste
  • - La substance et les attributs
  • - La théorie des modes
  • - Notre connaissance de Dieu
  • - Ce qu'est l'homme
  • - Nature humaine et liberté
  • - Etre et savoir
  • - Projet spinoziste
  • - Théorie des affections
  • - Spinozisme et cartésianisme

Parcours habermassien

Parcours deleuzien

Parcours bergsonien

Parcours augustinien

  • - Saint Augustin en trois œuvres majeures

Parcours braguien

Glossématique

Synthèses

Ouvrages publiés

  • - Présentation

Suivi des progrès aux USA

Parcours psychophysique

L'art et la science

  • - Braque en découvreur
  • - Le Georges Braque de Carl Einstein
  • - Le doute de Cézanne I
  • - Le doute de Cézanne 2
  • - L'art en synchronie avec la science
  • - L'ordre caché de l'art 1
  • - L'ordre caché de l'art 2
  • - L'ordre caché de l'art 3
  • - La vision du monde chez l'enfant
  • - Analyse structurale de l'oeuvre créatrice 1
  • - Analyse structurale de l'oeuvre créatrice 2
  • - Analyse structurale de l'oeuvre créatrice 3

Parcours nietzschéen

Philosophies médiévales

Archéologie

Economie

  • - Developpement durable
  • - Deux capitalismes du monde occidental
  • - Economie de marché
  • - Gouvernance du marché
  • - L'innovation transformée en emplois
  • - Volcker ou Vickers

Sciences politiques

Sociologie

Poésie

Théologie 1

  • - Exégèse patristique de l'ancien testament - Présentation
  • - Livres du pentateuque 1
  • - Livres du pentateuque 2
  • - Livres du pentateuque 3
  • - Livres historiques 1
  • - Livres historiques 2
  • - Livres historiques 3
  • - Livres historiques 4
  • - Livres historiques 5

Théologie 2

Théologie 3

Psychanalyse générale

  • - Avec Gaston Bachelard
  • - Les mots ordonnés de la Biogée
  • - Bachelard - l'invitation au poème
  • - Bachelard précurseur

Points d’histoire revisités

Edification morale par les fables

Histoire

Phénoménologie

Philosophie et science

03/07//2016 ajout :
Parcours Hellénique
- Du bien

16/06//2016 ajout :
Philosophie et science
-Le fondement informationnel de la physique formelle

01/06//2016 ajout :
Philosophie et science
-Le message ontonomique de Lama Darjeeling Rinpoché

15/05//2016 ajout :
Philosophie et science
- Le message hologrammique de David Bohm

01/05//2016 ajout :
Philosophie et science
- La composition atomique du corps humain
texte modifié :
-Le Judéo-Christianisme

10/04//2016 ajout :
Philosophie et science
-Glossaire

24/03//2016 ajout :
Philosophie et science
- La science contemporaine selon Roland Omnès
-Les idées rectrices de la physique formelle

05/03/2016 nouvelle perspective :
Philosophie et science
-Le quantique en son postulat et en son ontologie

09/02/2016 ajout :
Synthèses
-Le Judéo-Christianisme

09/02/2016 ajout :
Sociologie
- L'affrontement au tennis

24/01//2015 ajout :
Parcours axiologique
- Les valeurs et les fins directrices de la vie moderne Phénoménologie
-Le pragmatisme et ses représentants

03/01/2016 ajout :
Phénoménologie
-La constitution du monde spirituel

05/12//2015 ajout :
Parcours braguien
-L'Islam tel que précisé par Rémi Brague
Phénoménologie
- Le sentiment

visiteurs

visiteurs en ligne

Dédoublement entre la pure production dans les actes et leur occultation dans les signes

Selon Paul Ricœur, dans « Conflit des interprétations », la question épistémologique de la diversité des pôles de réflexion – un pôle de vérité et un pôle de liberté (ceux du Cogito) – est dépassée au profit d’une problématique plus radicale, celle de l’existence (219). S’il demeure toujours une différence entre la conscience qui se promeut et celle qui se regarde, c’est que l’existence elle-même est constituée par une double relation : entre une affirmation qui l’institue et passe sa conscience, et un défaut d’être qu’atteste le sentiment de la faute, de l’échec, de la solitude. « L’inégalité de l’existence à elle-même » est première par rapport à la pluralité des pôles de réflexion. C’est elle qui met, au centre de la philosophie la tâche de s’approprier l’affirmation originaire à travers les signes de son activité dans le monde ou dans l’histoire : c’est elle qui fait de cette philosophie une Éthique, au sens fort et vaste que Spinoza a donné à ce mot, c’est-à-dire une histoire exemplaire du désir d’être [L’éthique comme sphère de décisions].

Que devient dans cette éthique la théorie du signe dont [la double esquisse se rencontre dans la théorie du motif et de la valeur (a)] ? C’est le deuxième thème qui englobe maintenant le premier, mais, s’il peut maintenant jouer ce rôle, c’est qu’il est lui-même dégagé d’une théorie préalable ; il ne suppose plus qu’une chose : le rapport que la liberté noue avec le monde au cœur de l’œuvre.

En effet, ce qui suit immédiatement l’inégalité de l’existence à elle-même, c’est l’ « alternance » entre deux mouvements, celui d’« une concentration du moi à sa source » et celui « de son expansion dans le monde ». Replacé dans le champ de cette alternance, le problème de la valeur prend une signification nouvelle : « ce que la réflexion saisit et affirme comme conscience pure de soi, le Moi se l’approprie comme valeur dans la mesure même où il se crée et devient réellement pour soi. Autant dire que la valeur apparaît en vue de l’existence et pour l’existence, quand la conscience pure de soi s’infléchit déjà vers le monde pour y devenir principe ou règle de l’action, en même temps que mesure de la satisfaction dans une conscience concrète ». C’est dans ce mouvement que nous retrouvons l’oubli de l’acte dans le signe : « La valeur est toujours liée à une certaine occultation du principe qui la fonde et la soutient A cet égard, l’occultation du principe générateur de la valeur est l’expression d’une loi qui affecte toutes les manifestations de l’esprit humain. Ce que Maine de Biran dit des signes, c’est-à-dire des actes qui révèlent à la conscience sa puissance constitutive, il faut le dire également des valeurs. Et pourtant, cette occultation « n’est point diminution ou fléchissement du principe », comme dans les philosophies néo-platoniciennes de l’intelligible. Le risque de trahison est sur le chemin même de l’épreuve hors de laquelle il n’est point d’appropriation de soi.

Peut-on aller plus loin que cette loi du signe ? Nabert suggère que le glissement du prédicat de valeur – courageux, généreux – à l’essence du courage, de la bonté, procède de l’oubli du « caractère fondamental de l’esprit de s’affecter par ses propres créations ». C’est cette affectation de soi par soi, déjà invoquée par Kant dans la deuxième édition de la Critique, qui rend possible le dédoublement du mouvement générateur et de la loi intérieure de ce mouvement : une essence naît lorsque l’acte créateur se retire de ses créations, de ses rythmes d’existence intime, offerts désormais à la contemplation. L’affection de soi par soi paraît bien être une sorte d’inertie de l’imagination productrice : « Il est manifeste que l’idéalité des valeurs connues n’est rien de plus que l’idéalité des créations, des directions permanentes nées de l’imagination productrice, et devenues règles d’action et d’évaluation pour la conscience individuelle. Elles sont revêtues, certes, d’une autorité qui passe les mouvements contingents de la conscience. Mais seul le dédoublement de l’esprit, capable tout ensemble de créer et de s’affecter soi-même par ses propres créations, donne un caractère spécieux à la transcendance des essences ».

Peut-être faudrait-il trouver ici la loi de tout symbole, dont la psychanalyse nous a montré par ailleurs qu’il cache et montre, qu’il exprime et déguise. Nabert lui-même esquisse une généralisation semblable, lorsqu’il explore le trajet inverse du désir vers la valeur, par un mouvement semblable à celui de l’ouvrage intérieur, remontant de la tendance psychologique vers le motif et l’acte. Partant donc du désir, nous dirons que tout le sens et la prétention de la valeur est d’« obtenir du réel et de la vie une expression de [l’intention créatrice] qui passe toute expression et toute réalisation ». Or, cette surélévation du désir par la valeur, c’est le passage au symbole : « Des conditions de rigueur sans cesse accrue, des règles, des formes, des signes, des langages, substituent des perceptions ou des actions nouvelles aux actions et aux perceptions qui se faisaient dans des directions inscrites à l’instinct Chacun des systèmes de symboles produits selon cette volonté de rigueur est tout d’abord comme une méthode de dissolution du réel qu’il s’offre à la conscience immédiate

Par ce double accès à la valeur, objectivation de l’acte pur et symbolisation du désir naturel, nous accédons au foyer tant cherché : comme chez Kant, l’ « imagination fait le passage ». C’est l’imagination qui recèle la double puissance d’exprimer, puisqu’elle « symbolise » le principe en le vérifiant, et qu’elle élève au symbole le désir par la volonté de rigueur. De cette imagination, il faut dire qu’elle « crée l’instrument, la matière de la valeur, autant que la valeur elle-même ». C’est dans cette imagination et dans la loi de l’affection de soi par soi qui lui appartient – et qui est le temps lui-même – qu’il faudrait chercher la clef du dédoublement, qui nous a occupé dans cet article. C’est comme durée que la création jaillit mais c’est comme temps que ses œuvres se déposent en arrière de la durée et demeurent inertes, offertes au regard, comme des objets à contempler ou des essences à imiter.

S’il fallait résumer sous un seul titre ce jeu de manifestation et d’occultation, dans le motif et dans la valeur, c’est celui du phénomène qu’il faudrait préférer.

Le phénomène, c’est la manifestation, dans une « expression saisissable », « d’une opération intérieure qui ne peut s’assurer de ce qu’elle est qu’en s’efforçant vers cette expression ». Le phénomène est le corrélat de cette assurance de soi dans la différence à soi-même ; parce que nous ne sommes pas immédiatement en possession de nous-même, mais toujours inégaux à nous-même, parce que, selon l’expression de l’Expérience intérieure de la liberté, nous ne produisons jamais l’acte total que nous rassemblons et projetons dans l’idéal d’un choix absolu, – il nous faut sans fin nous approprier ce que nous sommes à travers les expressions multiples de notre désir d’être. Le détour du phénomène est alors fondé dans la structure même de l’affirmation originaire comme différence et comme rapport entre la conscience pure et la conscience réelle. La loi du phénomène, c’est indivisément une loi d’expression et d’occultation.

On comprend alors que « le monde sensible tout entier et tous les êtres avec qui nous avons commerce nous apparaissent parfois comme un texte à déchiffrer ». Pour employer un langage que l’œuvre de Nabert semble encourager : parce que la réflexion n’est pas une intuition de soi par soi, elle peut être, elle doit être une herméneutique [dont le vœu le plus profond est de voir relier le langage symbolique à la compréhension de soi].

(a) C’est dans l’idée de valeur que la « convertibilité » de la liberté et de la raison apparaît. L’idée de valeur offre ainsi le même caractère mixte que celle du motif (psychologie de la liberté et psychologie de la volition). La valeur regarde à la fois du côté de la norme « objective » et du côté de l’adhésion contingente de la conscience : « La raison ne peut fournir que des normes. C’est la synthèse de ces normes et de la liberté qui donne des valeurs. Il n’y a de valeur que par une adhésion contingente de la conscience aux normes d’une pensée faite pour l’impersonnalité. L’objectivité des valeurs exprime la résistance des normes à notre désir, leur subjectivité exprime le consentement sans lequel la valeur ne serait qu’une force.

Ce double visage de la valeur semblable à celui du motif, donne l’occasion du même dédoublement ; l’oubli de l’initiative qui soutient la valeur produit le même effacement de la conscience devant la vérité de l’ordre ; c’est le même « transfert » du sujet de l’action vers le pôle d’entendement ou de raison qui donne à l’idéal son apparente extériorité. Ce transfert est loin d’être une déchéance ; grâce à lui, je peux me juger ; néanmoins c’est une pente qu’il faut sans cesse remonter afin de délivrer la spontanéité première, d’où procèdent les actes, de la contemplation et de la fascination de l’ordre.

Date de création : 01/05/2010 @ 17:31
Dernière modification : 08/06/2010 @ 17:33
Catégorie : -5Parcours ricordien
Page lue 2919 fois

Personne n'a encore laissé de commentaire.Soyez donc le premier !

Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !