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La numérisation du monde - Le numérique et l'enseignement supérieur

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LE NUMÉRIQUE ET L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

UN PUISSANT LEVIER DE CHANGEMENT DU MODÈLE ÉCONOMIQUE 

 

 

Source : Wavestone* (https://www.wavestone.com/fr/)

Si les bénéfices qualitatifs et altruistes que les investissements dans l’éducation permettent de dégager sont largement admis à l’échelle sociétale, l’accès croissant à l’enseignement supérieur induit des conséquences considérables en termes de coûts pour les Etats.

L’édition 2009 de Regards sur l’éducation (OCDE) confirme que les investissements publics et privés dans l’éducation ont continué à augmenter dans de nombreux pays de l’OCDE sur la période 2005 – 2009 alors même que le ralentissement économique était déjà prégnant dès 2007. Le marché mondial de l’enseignement supérieur s’élèverait à 2 000 milliards de dollars et connaît une croissance soutenue.

Au Royaume-Uni, les recettes des universités représentaient ainsi 27 milliards de livres en 2014 selon un rapport de l’AUDE (organisme britannique de développement de l’enseignement supérieur), soit un montant comparable au secteur de l’imprimerie et de l’édition en termes de production brute, et largement supérieur à celui du secteur pharmaceutique.

Aux USA, le taux d’endettement des étudiants, à cet égard, particulièrement éloquent avec un encours de 1 160 milliards de dollars à fin 2014, soit plus que la dette totale des cartes de crédit américaines.

En France, selon la dernière enquête de l'Observatoire de la vie étudiante en 2010, un étudiant sur deux exerce une activité professionnelle pour financer ses études. En France où l’enseignement supérieur repose largement sur des financements publics, les universités font face à un effet ciseau qui interroge, à plus ou moins long terme, la viabilité du modèle économique universitaire 

  •  d’une part, une contraction des ressources (dotations budgétaires de l’Etat relativement stables avec une augmentation de 165 M€ en 2015 à rapporter à la croissance des effectifs, frais de scolarité réglementés, peu de ressources propres sur la formation continue),
  • d’autre part une croissance structurelle des coûts de fonctionnement (masse salariale, état et maintenance du patrimoine) comme le soulignait encore récemment la Cour des Comptes. Les capacités des établissements à financer en propre des projets créateurs de valeur restent ainsi très limitées sauf à s’appuyer sur des dispositifs de financement externe (IDEX, PIA, CPER, Plan Campus, DUNE).

A titre d’exemple, les budgets consacrés au numérique dans les universités représentent moins de 5% du budget de l’établissement, masse salariale incluse et les investissements moins de 10% de cette enveloppe. Le numérique constitue ainsi le plus souvent une variable d’ajustement budgétaire. Un tel modèle contraint ne pourra résister durablement aux mutations du marché de l’enseignement supérieur et de la formation et, par conséquent, à l’exigence de transformation des établissements.

Sauf à augmenter les frais de scolarité, l’équation économique demeure : comment s’affranchir de la corrélation du coût de la formation initiale et continue au volume croissant d’apprenants (donc d’enseignants et d’infrastructures) et à l’exigence d’une offre de formation large, d’excellence et personnalisée dans un contexte de concurrence accrue à l’échelle nationale et mondiale.

NumeriqueEtEnseignementFig1.pngC’est le fameux iron triangle théorisé par SIR  JOHN DANIEL**, qui tend à montrer que la maîtrise des coûts pour un enseignement de haute qualité et pour le plus grand nombre semble impossible, sauf à changer de modèle.

En Grande-Bretagne, cette réflexion est à l’origine de la création de l’Open University  qui est une université publique située au Royaume-Uni fondée en 1969.

 Elle est la seule  université d'enseignement à distance du pays. Son administration est à Milton Keynes, en Buckinghamshire (entre Oxford et Cambridge) mais elle opère 13 centres régionaux. L'université délivre les licences, les diplômes et les certificats, et aussi les masters et les doctorats.

Avec plus de 250 000 étudiants en 2011, dont environ 70 % d’entre eux  sont des travailleurs à plein temps, qui étudient pour une première (ou deuxième) licence afin d'avancer ou de changer leur carrière, dont plus de 50 000 sont commandités par leur employeur ;  elle est l'établissement d'enseignement le plus grand du pays. La plupart des étudiants se trouvent au Royaume-Uni, mais il y a plus de 25 000 qui étudient partout en Europe, en Afrique et en Asie de l'Est. Depuis qu'elle a été fondée, plus de 3 millions y ont suivi des cours. Un sondage national des étudiants en 2005, réalisé par le gouvernement britannique en Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande du Nord, a établi que ses étudiants étaient les plus satisfaits. Dans un pays où l'accès à l'enseignement supérieur reste très sélectif, elle apparaît quelquefois comme l'université de la deuxième chance et a inspiré d'autres établissements.

NumeriqueEtEnseignementFig2.jpg

Vue aérienne de l’open university à la ville nouvelle de Milton Keynes

Dans une autre mesure, on peut également citer l’émergence des plateformes de formation gratuite et massive – les MOOCs** – dont la valorisation dépendra de leur capacité à monétiser leur audience, voire à décliner leur modèle pour la formation continue en entreprise. Dans combien de temps verra-t-on émerger un Facebook, un Instagram ou un Uber de l’éducation en capacité de délivrer savoirs et compétences à 11 des millions d’enfants ou d’étudiants dans le monde, et dont la valorisation dépassera les 10 milliards de dollars en quelques années ? Il ne fait pas de doute que de nouveaux opérateurs aux modèles pédagogiques et économiques, fortement ancrés sur le numérique, vont émerger en concurrence directe des opérateurs historiques ; ce mouvement est en route.

En France, plusieurs stratégies plus ou moins offensives sont à l’œuvre pour ré- pondre à cette mutation du marché ou pour trouver des relais de croissance, par exemple : / Mouvement de regroupements des établissements (fédération, fusion, Comue, etc.) pour atteindre une taille critique et renforcer leur attractivité (notamment à l’aune du classement de Shanghai), voire pour dégager des synergies ; 

Stratégie de croissance à l’international via des partenariats ou des implantations (notamment dans les BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud –,  ou au Moyen-Orient, en valorisant un positionnement d’excellence et une marque (Centrale-Supelec, Sorbonne, ESSEC par exemple) ; / Stratégie de valorisation via le développement des FabLab (laboratoire de fabrication), de campus ouverts et dédiés à l’innovation, de plateformes d’incubation, etc. Même si près de 40% des établissements d’enseignement supérieur et nombre de Comue (communautés universitaires) se sont dotés depuis 3 ans environ d’une stratégie numérique, rares sont les établissements qui ont placé le numérique au cœur de leur transformation et dans une approche globale à l’instar du Cnam, du Cned (Centre national d’éducation à distance) – à Chasseneuil du Poitou –, ou de Paris Dauphine (exemples évidemment non exhaustifs). Il convient alors de s’interroger sur les opportunités de création de valeur que peut offrir le numérique pour l’enseignement supérieur et la formation tout au long de la vie, et les freins que rencontrent les établissements pour s’engager plus avant dans cette transformation.
Près de 2 étudiants sur 3 en université ou établissement d’enseignement public (source : www.education.gouv.fr)  - Une croissance soutenue avec environ 2,5 millions d’étudiants inscrits dans le supérieur en France en 2014, soit un équivalent de 2 à 3 universités de taille moyenne de plus qu’en 2013. Cette tendance sera amplifiée par le levier de la formation initiale ou continue.

*  Wavestone est un cabinet de conseil spécialiste de la transformation des entreprises.
Siège social : France (Puteaux)
Effectif : 2 500 (juillet 2016)
Création : 1990
Filiales : Alturia ConsultingWavestone HK Limited

** Sir John Daniel a servi pendant 17 ans comme président d'université au Canada (Université Laurentienne) et au Royaume-Uni (Open University) avant de devenir directeur général adjoint de l'éducation en 2001 et de revenir au Canada en tant que président du Commonwealth of Learning. à 2012. Il a été impliqué dans le développement de l'apprentissage ouvert et à distance pendant 40 ans. Chevalier de la reine Elizabeth en 1994 pour ses services dans l'enseignement supérieur, il a reçu 32 doctorats honorifiques d'universités de 17 pays. Il est connu en tant que chercheur pour son livre  Stratégies technologiques pour l'enseignement supérieur.

Il sillonne le monde pour donner des conférences ; en 2017 elles l’ont conduit successivement à Washington, au Costa Rica, en Norvège, à Paris, au Japon, au Royaume-Uni. 

*** Les MOOCs certifiants, délivrés en G.B permettent dorénavant la validation  des  crédits dans le cadre de cursus universitaires classiques menant à des diplômes agréés. « Alors qu’aux Etats-Unis, les MOOCs donnant droit à des crédits faisaient partie du paysage universitaire, au Royaume-Uni, avant leur création, de simples certificats de participation étaient délivrés aux étudiants ayant suivi un cours en ligne ».

 


Date de création : 04/02/2018 @ 13:52
Dernière modification : 04/02/2018 @ 17:58
Catégorie : La numérisation du monde
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