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Synthèses - Le paradigme ternaire [Corps-Esprit-Ame]



LE PARADIGME TERNAIRE [CORPS-ESPRIT-ÂME]
 
 
Tout paradigme, selon Michel Masson, correspond à̀ une manière générale de concevoir, d’expliciter et d’appliquer. Ce qui distingue le paradigme ternaire est qu’il entend remplacer la manière d’être, binaire, duale – de fonctionnement duel – et donc essentiellement conflictuelle, qui met en pièces nos sociétés… par une vision, tripartite, tridimensionnelle– de fonctionnement ternaire – de l’homme, et plus généralement de l’ordre du monde… Ce qui implique la recherche des accords, des ententes, voire des compromis… c’est-à- dire de mettre tout progrèsvéritable sous le signe de l’amour sous tous ses noms, ses degrés et ses formes… en lieu et place de la haine/envie et de ce qui y conduit et en procède.
 
Ce résumé fait suite à l’étude très complète développée par MICHEL MASSON sur le site « Réseau-Regain.net » qu’il anime, dont le n° de mars 2015 concerne l’âme »
 
Tout commence avec Aristote
 
Les premiers outils mentaux du ternaire [corps–esprit-âme]
Ces principaux outils de bases serviront lors des développements du « paradigme ternaire ».
 
 paradigmeternaire0.jpg
 
La ligne d’Aristote ACB/ACC’B est le premier élément de base. Cette ligne est définie par ses deux extrémités A B, et son tiers-terme CC’ (redoublé : exitus-reditur, allers-retours) qui les relie et les anime… Ligne qui devient circulaire afin d’éviter les deux points d’inertie…
 

paradigmeternaire1.jpg

 La formation du « plan » (longueur x largeur) ennéagramique (composé de 9 éléments) est la première application de la ligne dite d’Aristote. Ce plan virtuel est composé :
– de 3 lignes (ACB): formées de leurs « tenants » et « aboutissants » réunis par leurs « moyens-termes »…
– …formant 3 colonnes (acb): avec leurs niveaux : les deux extrêmes, – celui des principesetcelui desapplications – réunis par celui desadéquations.
Cette horizontalité prend consistance dans la hauteur de la triple épaisseur …de ses 3 strates (III,I,II) verticales (donc hiérarchiques) :
        III/ spirituelle, la morale, la transcendance, le religieux (ou ce qui en tient lieu, les idéologies),
        I/ temporelle, matérielle, manuelle, technique, scientifique, artistique, artisanale
        II/ intellectuelle ou plutôt psycho-intellectuelle, faisant le lien entre les deux premières.
Cet ensemble de 27 points (3x9=27) forme les repères attendus parce que perdus; il correspond à:
         l’organigramme complet des fonctions et activités humaines qui est constitué de trois grands ensembles tripartites formant l’ensemble complet – non moins tridimensionnel donc de fonctionnement ternaire – de ces fonctions ou activités.
Cette disposition organique sera reprise – y compris l’ensemble intermédiaire correspondant à la chaîne de transmission des savoirs – dans chacune des études qui, rassemblées, constituent les applications du « paradigme ternaire… »
 
Principes généraux
Toute fonction prend son origine – son principe (par où les choses commencent) – à l’extérieur, dans ce qui lui est antérieur… Chaque étape produit son fruit qui introduit l’étape suivante; l’ensemble concourt à un résultat, le bien commun – civilisationnel – qui concerne distinctement:
         …l’accomplissement harmonieux des personnes, dans leur vie intime, privée, familiale et communautaire, aux trois niveaux temporel, intellectuel et spirituel, dans les domaines sociétal, social, culturel, politique et religieux (ou ce qui en tient lieu)… cela dans leurs multiples activités que sont : l’éducation, l’enseignement, les métiers, l’entreprise
        …sous toutes leurs formes: littéraire, poétique, philosophique, historique… dans les diverses disciplines : artistiques, juridiques, scientifiques, sciences de la vie, techniques, artisanale
        … et en général de l’ensemble de l’existentiel humain;
        …et ainsi assurer la bonne marche de la société politique et religieuse – disposée sur leurs 3 domaines temporel, de l’esprit et spirituel – disposée, non pas hiérarchiquement, mais parallèlement (de pair et de front), reliés par un culturel qui se nourrit à ces deux sources.
 
La philosophie d’Aristote
La nature (Phusis) y tient une place importante. Selon lui, les matières naturelles possèdent en elles-mêmes un principe de mouvement (en telosecheïn). Par suite, la physique est consacrée à l'étude des mouvements naturels provoqués par les principes propres de la matière. Au-delà, pour sa métaphysique, comme pour celle de Platon, le dieu pour ces philosophes est le premier moteur, celui qui met en mouvement le monde sans être lui-même mû. De même, selon eux, les corps vivants sont animés par l'âme. Si tous les vivants ont une âme, celle-ci a un plus ou moins grand nombre de fonctions. Les plantes ont seulement une âme animée d'une fonction végétative, celle des animaux possède à la fois une fonction végétative et sensitive, celle des hommes est dotée en plus d'une fonction intellectuelle.
La vertu éthique, selon Aristote, est en équilibre entre deux excès. Ainsi, un homme courageux ne doit être ni téméraire, ni couard. Il en découle que l'éthique aristotélicienne est très marquée par les notions de mesure et de phronêsis (en français prudence ou sagacité). Son éthique, tout comme sa politique et son économie, est tournée vers la recherche du Bien. Aristote, dans ce domaine, a profondément influencé les penseurs des générations suivantes. En lien avec son naturalisme, le Stagirite considère la cité comme une entité naturelle qui ne peut perdurer sans justice et sans amitié (philia).
 
Son traité de l’âme
La science que recherche Aristote n’est ni le contenu d’un livre, ni un compendium de syllogismes, et ceci doit demeurer présent à notre esprit, lorsque nous ouvrons la Métaphysique. Quelle est donc cette science recherchée ? Aristote nous livre sa réponse au Traité de l’Âme en trois temps :
        1. Un homme est dit savant, d’abord parce qu’il appartient à la classe des êtres capables de savoir, contrairement aux animaux ou aux pierres. C’est pourquoi le Philosophe introduit sa Métaphysique par la mémorable sentence : « Tout homme désire naturellement savoir ». Mais cette capacité est très souvent mise à mal et détournée en raison d’obstacles et d’efforts pouvant paraître insurmontables, et qui le sont très souvent, en vérité. [savoir] Mais ceux qui veulent et peuvent persévérer entrent alors dans le deuxième temps :
         2. Nous appelons savant celui qui a acquis la science. Est savant en ce sens celui qui a lu et assimilé la Métaphysique, après avoir pris connaissance de l’ensemble de la philosophie qui en est la préparation. Mais au fond, pourquoivouloiracquériruntelsavoir ? Est-ce pure curiosité intellectuelle ? Lubie d’universitaire ? Appétit d’avoir ? [savoir-faire] Quoique purement spéculatif et gratuit, ce savoir est finalisé, non pas en lui-même, mais dans la personne de celui qui le poursuit, ce qui nous conduit au troisième niveau :
        3. Est véritablement savant celui qui exerce un savoir effectif ; celui qui se sert de sa science acquise pour connaître actuellement de façon scientifique l’objet qu’il est occupé à considérer. Telle est la science que vise Aristote, non pas, encore une fois, capitaliser un fonds de connaissances, mais bien exercer réellement sa contemplation intellectuelle sur l’objet premier, à la source de tout être [faire]. Cette science est un acte, une activité de l’intelligence, une vie […]
  
 
Une manière d’être et de faire
 
Avant même de chercher à appréhender notre existentiel ad extra (vers l’extérieur, à notre triple bain civilisationnel, il apparaît indispensable de s’appliquer à connaître ce que nous sommes, et comment nous fonctionnons (au for interne) ad intra? De la pertinence des réponses apportées à ces deux questions dépendra la manière de poser, d’expliciter et de résoudre les problèmes qui envahissent nos vies, à l’heure où toutes les certitudes s’évanouissent, étouffées par les deux idéologies combinées de l’égalitarisme et de la non-discrimination. Il convient pour cela d’accepter de dépasser la mentalité frustre (ou subvertie) qui ne sait poser les problèmes qu’en termes conflictuels, au lieu de toujours rechercher ce qui met en relation adéquate les principes et leurs applications. Non pas chercher à concilier l’inconciliable (ce qui ne peut en aucun cas convenir, le mal), mais à adopter un regard, qui ne soit ni opposition systématique, ni syncrétisme béat, ni relativisme simpliste… mais une manière apte à établir les meilleurs rapports possibles.
 
Les relations qu’entretiennent les deux pôles, – corps et âme – de notre être
« On peut distinguer deux choses l’une de l’autre, et en déterminer jusqu’à un certain point les rapports, sans pour cela connaître la nature de chacune d’elles », reconnaît Bergson dans L’âme et le corps. Qu’il suffise de dire que, si le corps, visible et palpable, est directement connu, il n’en va pas de même pour l’âme invisible et impalpable, mais pour la nature de laquelle nous pouvons partir des réponses faites, au long de l’Histoire, dès le quatrième siècle avant notre ère : Une anthropologie ternaire de l’homme dual à l’homme tripartite «Le plus grave des problèmes que puisse se poser l’humanité» Bergson, dans “l’âme et le corps” Instruit par la citation de Bergson mise en exergue, nous lui annexons cette autre de Rémi Brague affirmant que «plus de justesse dans la pensée peut aider à obtenir plus de justice dans les faits ». Cette double assertion convient à nos objectifs qui sont familiaux, communautaires, sociétaux et, au-delà, sociaux, politiques, culturels et enfin civilisationnels. Comment, en effet, prétendre mieux poser les problèmes, et œuvrer à plus d’équité, donc de concorde, si nous ne savons pas, ou mal, à qui s’adresse notre sollicitude ? L’homme n’est-il pas en même temps sujet et objet du plus noble des arts? celui, politique, qui consiste à favoriser les conditions de l’obtention et de la persévérance du bien commun des personnes et des familles et, par là, des communautés et des peuples qu’elles constituent, c’est-à-dire de la société naturelle devenue politique, tri – tridimensionnel – triel – trial – tripartition – paradigme ternaire – duel – dual – dialectique – dualité. Chez Platon (-428/347), en effet, se trouvent l’idée de l’existence de l’âme – être spirituel tombé dans un corps – et celle de l’âme prisonnière du corps…
 
Tout se poursuit avec Aristote
 
Aristote (-383/-322), – sans doute par crainte de la métempsycose – ramène la notion d’âme (psyche) ou d’intellect (nous) à celle de vie: acte du corps; d’où découlent, de manière très réaliste, les trois types d’âme selon les trois strates des êtres vivants:
         l’âme végétative des plantes possède les facultés de naître, croître, se reproduire et mourir.
        l’âme animale ajoute aux capacités des plantes, celles instinctives de se mouvoir, d’éprouver des sensations, et de communiquer quelque peu.
         l’âme humaine, elle, cumule les aptitudes des deux ordres précédents, et y rajoute la conscience, la pensée et la parole.
À ses trois strates, s’ajoute sa triple fonction existentielle :
        ad intra: “mémoire, intelligence, volonté – pensée, parole-logos, action – savoir, savoir-faire, faire” – qui suppose la liberté – nous avons une définition de l’homme, si ce n’est aboutie, du moins nettement distinguée des ordres inférieurs : l’âme comme composant.
        Avec Augustin, au IVe / Ve siècle de notre ère, l’idée de l’âme se précise ; elle s’éloigne définitivement de l’animisme, et devient explicitement une composante à part entière de l’être humain.
        Près d’un millénaire plus tard, au milieu du treizième siècle, en plein Moyen-Âge – époque où théologie et philosophie ne sont pas encore nettement distinguées, et moins encore absolument séparées – le théologien-philosophe Thomas d’Aquin, récupère la réalité de l’âme humaine comme un acquis, et lui reconnaît ses fonctions propres, et la réalité de sa substance spirituelle.
 
Accès à un homme tripartite
Si l’on s’en tient à la configuration “corps et âme” sans expliciter le moyen terme qui les unit, c’est-à-dire sans nommer ce qui les réunit, des conséquences néfastes, voire délétères envahissent inévitablement nos manières de penser l’ordre du monde, l’homme entier, et l’organisation des sociétés.
À l’évidence, un troisième terme – intermédiaire – est nécessaire pour que les deux pôles des fonctions en général, et humaines en particulier, constituent des composés vivants, pérennes, dynamiques et féconds. Certes cette vision de l’agencement du monde, bien que  proche de la disposition qualifiée de duale, a le mérite d’éviter l’immédiateté du duel par l’insertion explicite d’un tiers-inclus résultant de la nécessité des rapports entre tenants et aboutissants. Car, à l’évidence, l’union substantielle des deux pôles de notre être ne peut se réaliser sans la présence d’une médiation. Cet agent d’unité et de concorde, entre corps et âme, au sein de la personne, se décline diversement selon ses domaines existentiels. Qu’il s’agisse de l’entente transversale entre des amis, entre le père et la mère, les parents et leurs enfants, le maître et ses élèves, l’entrepreneur et ses employés, les sportifs et leurs coaches, les politiques et ses administrés, l’église et l’état… les uns et les autres… et aussi de l’accord vertical entre leurs domaines temporel et le spirituel, politique et le religieux. Voilà de quoi fonder un nouvel humanisme basé, non sur la discorde, les oppositions et les conflits (certes inévitables), mais sur la recherche des ententes, des accords, des contrats… Concorde qui…
         commence entre les personnes, les familles et les communautés,
         passe par les relations entre le politique et le religieux – nettement distingués mais réunis et coordonnés par un culturel s’alimentant à ces deux sources…
        et se termine par la Civilisation!
Cet ordre des êtres et des choses implique la prise en compte du tiers-médian qui unit les deux pôles de toute fonction… en commençant par le couple corps et âme – tenant et aboutissant de la nature de l’homme – et, partant, de celui qui unit et anime ses fonctions existentielles et celles-ci entre elles. Car, c’est une évidence, à un homme tripartite doit correspondre un ensemble de fonctions ternaires (pléonasme !). C’est à cet ordre tridimensionnel, tripartite, ternaire – comme on préférera le qualifier – dont il va maintenant être question.
 
Organigramme de la transmission des connaissances
 
 paradigmeternaire2.jpg
 
La nature humaine tripartite
 
Après la mise en place du le corps, “tenant” (prioritaire) de notre être, il faut maintenant envisager notre âme, “aboutissant” (primordial) de notre nature. Tâche délicate, il va de soi, car si le corps est palpable et visible, il n’en va pas de même pour l’âme qui ne peut être ni vue ni touchée, mais seulement pressentie. Après quoi, il nous restera à envisager ce qui unit les deux pôles de notre être.
 
Je suis mon âme qui a un corps… et un esprit issu de leurs relations
Voici, résumé à l’extrême, l’axiome qui peut permettre d’aborder la tripartition de la personne humaine et ce qui s’ensuit… c’est-à-dire les familles, les communautés, les peuples, et leurs activités et fonctions diverses – y compris politiques, culturelles ou religieuses (ou ce qui en tient lieu). Applications qui devraient confirmer le bien-fondé du postulat de départ. En effet, les mots “tenant, aboutissant et moyen-terme”, qui seront employés dans les exposés de nos diverses fonctions existentielles externes, devront nécessairement être en analogie avec celles qui structurent notre existentiel interne, lui-même en cohérence avec la tripartition de notre être. C’est à partir de là, que se construira une appréhension ternaire des êtres humains, de leurs activités, et de l’ordre du monde, en conformité avec la loi ternaire considérée comme universelle. Dés l’abord, Il convient de préciser que, si la démarche ternaire ne s’oppose pas à une anthropologie religieuse (ou psychologique), elle l’inclut et la rend possible. Mais elle se réclame davantage d’une philosophie au sens banal, le plus près possible du bon sens empiriquement et culturellement éclairé. Il est donc possible de dire que le corps nous met en relation avec la terre, alors que l’âme est communément considérée comme dévolue au religieux (ou à ce qui en tient lieu). Cependant, l’être humain est un tout, une unité, dont les trois partitions s’actualisent sur les trois strates où le corps, l’âme et ce qui les unit sont respectivement concernées.
 
Les trois strates du plan [ennéagrammique]
de l’être humain tripartite
 
Schéma devant servir de modèle à l’ensemble des activités etfonctions humaines.
 

paradigmeternaire3.jpg

 
Remarque :Cet ensemble fonctionnel n’est pas en circuit fermé ; il est ouvert :
ad infra à la nature ; ad extra, vers l’extérieur, à notre triple bain civilisationnel,
etad circaaux Autres ; ad supra au supérieur, à la transcendance, au divin.
 
AD EXTRA Bain civilisationnel
AD CIRCAEnvironnement humain
  
 
Synthèse des principales fonctions tridimensionnelles
 
Pour un homme – homo (1) – de nature tripartite,
selon ses trois états:inférieur, animal; supérieur, spirituel; intermédiaire, moral:
corpset âme unis par leur esprit commun,
et son “ennéagramme* existentiel” :
mémoire, intelligence, volonté
   3
pensée, parole-logos,
+ 3
savoir, savoir-faire, faire
        + 3 = 9 *
      -----------
        × 3=27 *
en ses trois domaines: temporel (ad infra),
intellectuel(ad circa)et (ad extra),
etspirituel(ad supra).
 
* (9 = ennéagramme (de ennéa en grec: 9) // 3x 9 = 27… repères attendus parce queperdus…)
 
afin d’obtenir:
 
la cohérence, la pérennité, le dynamisme et la fécondité de l’existence
personnelle, familiale, sociétale, sociale, politique, spirituelle… et culturelle.
Tels sont, résumés à l’extrême, les éléments de base de ce qui est nommé :
“le paradigme ternaire”
…apte à remplacer l’esprit duel qui engendre les discordes, les conflits et les guerres… et conduit à la désagrégation et à la ruine de la Civilisation.
______________
Partant de là – à l’aide de ce système… de cette “manière” de connaître, d’expliciter, de mettre en œuvre et en application –, se met naturellement en place l’ensemble complet des fonctions et des activités humaines composé:
         de l’ensemble premier – pôle “tenant” – dont les éléments constitutifs sont des personnes, des familles et des communautés formant le peuple.
         à l’autre extrémité, de l’ensemble ultime et suprême – pôle “aboutissant” – constitué par les fonctions du politique et du religieux – agencées de pair et de front – réunies par un culturel redéfini… avec pour résultat la Civilisation.
        et enfin, de l’ensemble intermédiaire(le moyen terme) – encadré par ces deux ensembles – qui rassemble la grande diversité des activités des personnes, des familles et des communautés, c’est- à-dire du peuple… Cet ensemble qui est l’objet de la présente réflexion.
  
 
Réflexions constructives
 
Ces réflexions ne peuvent faire ombrage aux enseignements des Pères, des théologiens, des philosophes, des sages, des saints et des savants qui s’accumulent depuis des siècles… d’autant plus que sujet central auquel sont consacrées ces réflexions concerne l’être entier, et non une partition.
Il reste qu’il serait inconséquent de se cacher la difficulté, récurrente, résultant de la pensée « volumique », qu’exige la vision ternaire. Penser en trois dimensions consiste, en effet, à penser en même temps, le plan virtuel ennéagrammique (basé sur le chiffre neuf, ennéa en grec) qui structure toute fonction complète, et sa triple actualisation sur l‘épaisseur de nos trois strates existentielles : temporelle, intellectuelle et spirituelle. Or, l’âme est la composante essentielle de la fonction de 27 éléments qui ont été mis en place précédemment. De plus, isoler l’âme de l’ensemble qu’elle fonde revient à la réduire à ses potentialités… qui exigent d’être remises dans leur contexte pour s’actualiser. Cette séparation, inévitable mais artificielle, devra donc être suivie, d’une remise de l’âme dans l’ensemble dont il est l’aboutissant, pour prendre consistance et vie.
 
Différences, divergences, confusions… et cohérence
Les interrogations concernant l’âme ne sont pas nouvelles, il ne faudrait cependant pas croire que les diverses manières de concevoir et d’expliciter les réponses données aient fini par se réduire à deux écoles opposées: ceux qui y croient pour de bonnes ou de moins bonnes raisons, et ceux qui n’y croient pas: les matérialistes absolutistes, qui s’enferment dans une posture monolithique.
Majoritairement, sont ceux qui, dorénavant croient fermement à l’existence de l’âme,et ce depuis les années deux mille, – qu’ils professent une foi catholique, protestante, orthodoxe, bouddhiste, juive, ou musulmane (plus intensément soufiste) – ont abandonné la définition d’un homme donné comme un composé dual d’un corps « et » d’une âme, au profit d’une définition ternaire, corps-âme-esprit. Les orientalistes, notons-le au passage, ont eu moins de difficulté à le faire. La publication par le « Mercure Dauphinois » de sa collection [corps-âme-esprit], bien que de diffusion limitée, en faitnotablementfoi.
Ce nouvel ordonnancement – auquel l’homme ne peut déroger sans en subir les conséquences– renonce à la dualité (à l’ exception des Djihadistes qui, dans les faits, ont écarté « l’esprit »). Funeste méprise devenue la plaie du monde postmoderne.Quant à l’âme en son existentiel, faute de preuves formelles, elle reste l’apanage des croyances. 
 
L’âme dans tous ses états
Si l’on veut être complet, envisager l’âme revient à l’étudier dans ses divers rapports ad intra, ad extra, ad infra, et ad supra, c’est-à-dire:
        à sa place, comme partie de l’ensemble interne tripartite (tenant, aboutissant et moyen-terme) dont elle est l’aboutissant,
        dans ses rapports avec les trois moments, sur les trois lignes (principielle, médiatrice et applicative) qui constituent le plan (virtuel) de son triple existentiel interne.
        dans ses rapports avec ce plan virtuel actualisé sur les trois strates (temporelle, intellectuelle et spirituelle) de son existentiel interne.
        dans ses rapports avec ses domaines existentiels externes:
– qu’ils soient privés, dans ses rapports avec la personne, la famille et les diverses communautés qui constituent un peuple ;
 – qu’ils soient publics, dans ses rapports avec les trois domaines civilisationnels que sont le politique et religieux réunis par un culturel (redéfini comme issu des deux pôles qu’il anime);
        ou encore, dans ses rapports entre le privé et le public – le sociétal et social
du grand ensemble central des activités et fonctions des personnes des
familles et des communautés.
        ou enfin, dans ses rapports avec ce qui la dépasse, la transcende : le surnaturel et de divin. Tout un programme dans lequel l’âme est toujours impliquée avec l’ensemble tripartite dont elle constitue le triple aboutissant. Telle est la consistance du  présent programme…
 
L’âme isolée… n’existe pas
En attendant, il est nécessaire – malgré les limites imposées par cette démarche inévitable – d’isoler l’âme de son contexte. Or, si l’isoler absolument n’est pas possible, la séparer momentanément permet de mieux se centrer sur ses spécificités, ses attributs, ses facultés, son rôle… La première attribution que l’on reconnaît communément à l’âme humaine est la conscience; la conscience d’être, d’exister, de connaître, de penser, d’exprimer, de vouloir. On lui reconnaît également des puissances déterminées.Virtualités sollicitées par des sentiments, des passions, des émotions d’origine extérieure, qui, pour atteindre l’âme, nécessitent des intermédiaires. Médiations auxquelles est donnée une importance vitale, car, sans relations avec “son” corps, l’âme n’a pratiquement pas d’existence… si ce n’est latente, comme si elle n’existait pas.Ses puissances, ici, ne peuvent prises en considération (les différents enseignements s’en chargent). En revanche il est impossible de délaisser l’interface qui permet à ces puissances d’entrer en action.
 
Qui, du corps ou de l’âme sollicite l’autre en premier ?
Qui commence le rapport? il semble que, bien que non exclusives, les sollicitations du corps sont à l’évidence les plus fréquentes, car le corps est en rapport constant avec le monde extérieur, dans une ambiance civilisationnelle, c’est-à-dire politique, spirituelle et culturelle au sens donné à ce terme. À l’évidence, l’âme peut, elle aussi, initier le mouvement du va-et-vient vital qui fait de l’homme un animal raisonnable (donc moral), c’est-à-dire politique, religieux et culturel. Les sollicitations premières de l’âme sont beaucoup plus subtiles; elles passent par l’excitation de la volonté dont le véritable moteur est l’amour sous toutes ses formes et à tous ses degrésqui constituent le plan (virtuel) de son triple existentiel interne, et dans ses rapports avec ses domaines existentiels externes:
         qu’ils soient privés, dans ses rapports avec la personne, la famille et les diverses communautés qui constituent un peuple ;
         qu’ils soient publics, dans ses rapports avec les trois domaines civilisationnels que sont le politique et religieux réunis par un culturel (redéfini comme issu des deux pôles qu’il anime);
        ou encore, dans ses rapports entre le privé et le public – le sociétal et social – du grand ensemble central des activités et fonctions des personnes des familles et des communautés.
        ou enfin, dans ses rapports avec ce qui la dépasse, la transcende : le surnaturel et de divin. Tout un programme dans lequel l’âme est toujours impliquée avec l’ensemble tripartite dont elle constitue le triple aboutissant.
 
L’âme, siège de l’amour
L’Amour, son absence, ses perversions et subversions, seraient donc, en premier ou dernier ressort, le grand principe existentiel de l’âme et par là de notre être. C’est l’amour qui active la volonté qui inspire notre conduite. Sans cela l’on se condamne, hors de tout sens moral, à des réactions passionnelles non contrôlées, instinctives, naturellement dépravées, qui nous livrent corps et âme à tous les désordres… On peut donc – pour le meilleur et le pire – considérer l’âme comme réceptacle et source du mouvement bidirectionnel qui la met en rapport raisonnable et intelligent (ou non) avec ce qui l’entoure: les quatre points cardinaux de notre être résumées dans le tableau ci-dessus. Pour être intelligentes et raisonnables les potentialités de l’âme doivent passer, à l’aller comme au retour, par l’intermédiaire de médiations nommées et explicitées… une fois l’âme remise dans son contexte,l’âme reconnectée
C’est que la nature “participative” de l’âme, une fois isolée (même relativement et temporairement), ne permet pas l’actualisation de ses potentialités qui ne se réalisent qu’en fonction de la qualité des relations du couple (ternaire !) que l’âme forme avec “son” corps, dont elle est en même temps l’aboutissant et l’élément déterminant. D’abord passive – en état de réceptivité –, moins l’âme est impliquée, c’est-à-dire sollicitée ou écoutée, plus elle s’étiole, moins elle existe. Reconnectons-la, sollicitons-la à hauteur de l’un de ses trois étages, elle se sentira visée, réagira, répondra à l’incitation, et enclenchera le va-et-vient du mouvement vital existentiel. C’est ainsi que nous aurons alors à l’esprit le fait que chacun des trois étages de notre être complet jouit d’une certaine autonomie dans une interdépendance certaine. Si l’on choisit des exemples édifiants, selon qu’il s’agisse : de la bonté d’une personne, de la beauté d’une fleur ou de la vérité d’une idée – du vrai, du beau, du bien (ou de leur perversion) – ces sollicitations atteignent l’âme à hauteur de la strate temporelle, intellectuelle ou spirituelle, mais ces trois strates étant liées, c’est l’être entier qui est en émoi. Pour cela, pour que notre être soit entier, en état de fonctionner, nous devons considérer l’espace qui distingue ses deux pôles… et l’habiter.
Quant à l’esprit, qui a surtout été vu comme moyen-terme résultant des relations âme/corps, il faut bien comprendre que s’il est cette partition ou ce degré de l’âme, il ne l’est pas de la nature humaine.


 

Date de création : 24/03/2015 @ 12:39
Dernière modification : 24/03/2015 @ 13:09
Catégorie : Synthèses
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