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Sciences politiques - Sujets de la réforme(2)
SUJETS DE LA RÉFORME (2)
 
Michel Godet, dans son livre récent intitulé : « Le courage du bon sens », a fait une large part à l’étude du couple « Chômage-Emploi » qui est une des priorités nationales. Il a été déclaré que « tout avait été fait pour la réduction du chômage » mais, au vu des résultats, il faut supposer que tout n’a pas été bien fait.
Nous ne retiendrons pas tous les thèmes développés par cet auteur, qui sont au nombre d’une vingtaine, pour mieux nous consacrer à l’essentiel. Après avoir relevé plusieurs analyses pertinentes, nous insisterons surtout sur les trois leviers de l’emploi que sont la croissance, le coût du travail et l’incitation à travailler. Pour les paragraphes omis, le lecteur pourra se reporter au livre lui-même pour les thèmes répertoriés à la fin de cet article.
   
CHÔMAGE-EMPLOI
 
Le meilleur moyen d’améliorer les conditions sociales, c’est de parvenir à l’efficacité économique
 
Il en est ainsi de l’insertion : le meilleur service que l’on peut rendre à un chômeur ou d’un handicapé n’est pas de le maintenir dans la dépendance de l’assistance, mais de l’accompagner dans une dynamique de projet, et même de considérer le handicap comme une différence positive. Transformer ses faiblesses en force n’est pas une vue de l’esprit, comme l’a bien démontré Bachir Kerroumi (2001) dans sa thèse sur le déficit du management du handicap. Il sait de quoi il parle puisqu’il est lui-même aveugle.
Même chose sur le plan économique : l’emploi dans les entreprises n’est pas un objectif de la stratégie [qui est celle de la création de richesses], mais un résultat de celle-ci. Nombre de mesures visant à protéger l’emploi salarié finissent par tuer l’emploi tout court. Il ne faut jamais oublier que pour un chef d’entreprise, l’idéal pour un niveau de production donné, c’est d’avoir le moins de personnel possible, car les petites équipes sont plus faciles à motiver que les grandes. Et plus on augmente les contraintes de coût et de réglementation qui pèsent sur l’emploi salarié, plus on incite le chef d’entreprise à sous-traiter, à automatiser ou à délocaliser plus qu’il ne le ferait autrement. On retrouve le même dilemme en ce qui concerne la lutte contre les inégalités économiques. Il y a ceux qui se battent pour le partage du gâteau en parts plus égales, quitte, du même coup à brider sa croissance par des arrêts ou des réductions de temps de travail, qui se battent encore pour une rémunération du non-travail sans contrepartie d’activité ou une augmentation de la dépense publique dans le but de créer des emplois de fonctionnaires non justifiés par le service public.
A côté de ces « partageux », il y a les entrepreneurs et porteurs de projets qui ne comptent pas leur temps et pensent d’abord à créer de la valeur et à augmenter la richesse, quitte à la répartir de manière inégale en fonction des efforts et des talents des uns et des autres. Il est plus facile de répartir inégalement un grand gâteau que de diviser en parts égales un gâteau plus petit. C’est là qu’intervient le paradoxe des inégalités : elles s’accentuent en période de croissance forte et se réduisent en période de récession. Retenons le message à transmettre aux bons esprits soucieux de partage : qu’ils se battent d’abord pour augmenter la richesse, le partage sera plus facile après.
 
Le SMIC avec ses charges est une barrière à l’emploi des travailleurs peu qualifiés 
 
Il en est en effet du marché du travail comme de tout marché. C’est ainsi que la Commission Mattéoli sur les obstacles structurels à l’emploi, après quelques mois de réflexion, est parvenue à cette première vérité inaudible. S’il y a un déséquilibre entre l’offre et la demande, c’est qu’on ne laisse pas jouer le système de prix. Si le SMIC était resté indexé sur l’inflation, et n’avait pas connu de sérieux coups de pouce (25% d’augmentation entre 2001 et 2005), il serait au niveau du RMI. Entendons bien le message : il y a des gens que l’on n’embauche pas parce qu’ils coûtent trop cher compte tenu de la valeur de leur compétence et du coût de l’éventuelle débauche. Ce n’est pas aux entreprises d’assurer la fonction de redistribution sociale, mais à la collectivité, par le biais de l’impôt positif et négatif (la prime à l’emploi). Ce message qui devrait s’imposer par le bon sens et le principe de réalité, n’est guère répandu dans la société française.[L’héritage conjugué du christianisme et du marxisme qui va jusqu’à la compréhension et l’instauration des rapports de forces, conduit la société française à ne pas vouloir entendre parler, parce qu’immoral selon eux, du lien entre le coût du travail et l’emploi.]
Faute d’ouvrir les yeux sur le fonctionnement du marché du travail, et sur les expériences étrangères performantes, on dit avoir tout essayé pour l’emploi. L’argument est classique ; notre modèle social est trop différent, il ne faut pas y toucher, et ce qui fonctionne chez nos voisins n’est donc pas transposable : l’apprentissage en Allemagne, le temps partiel aux Pays-Bas, ou encore la flexibilité du marché du travail en Grande-Bretagne. Puisque le modèle danois est à la mode, allons jusqu’au bout en ne protégeant pas les emplois mais les personnes, et en responsabilisant les chômeurs qui voient leur indemnisation se réduire drastiquement s’ils refusent une offre d’emploi : pas de droits sans devoirs. Mais tout n’est pas transposable du modèle danois : 80% de représentativité syndicale et une préférence nationale à l’embauche dans ce pays aussi peu « ouvert » au travailleur étranger que n’est le Japon !
 
Les facteurs de développement des territoires sont d’abord endogènes et dépendent avant tout de la dynamique économique des actifs qu’ils comprennent
 
Plus ces derniers sont nombreux et entreprenants, plus le territoire est en bonne santé. En bref, les causes des difficultés sont d’abord internes, et l’impact de la globalisation sur nos économies doit être fortement relativisé.
Cette conviction s’appuie sur trois constats. D’une part, tous les pays européens sont soumis aux mêmes contraintes extérieures, celles de la mondialisation, de la concurrence et du progrès technique et, pourtant, les taux de chômage diffèrent du simple ai double. D’autre part, on retrouve les mêmes écarts pour les régions au sein d’un même pays : le taux de chômage, par exemple, du pays de Vitré est trois fois plus faible que celui du Valenciennois. Enfin, la mondialisation, ou plutôt la globalisation, consiste d’abord en une intégration au sein de grandes régions du monde. Si les entreprises françaises exportent 25% de leur production, 75% sont consommés sur place. En outre, les deux tiers de nos exportations sont dirigées vers les pays de l’Europe de l’Ouest, au sens large, où les conditions sociales sont comparables aux nôtres.
 
Le volume de richesses produites est lié à la quantité de travail fournie
 
La piètre performance de la France s’explique d’abord par un taux d’emploi trop faible (près de 10 actifs occupés en moins sur 100 personnes en âge de travailler pour la France par rapport aux Etats-Unis) et par des actifs, dont l’excellente productivité, comparable à celle des Etats-Unis, ne suffit pas à compenser une durée de travail réduite : un actif américain travaille 17% de plus qu’un Français, comme d’ailleurs un Japonais ou un Italien.
Dans presque tous les pays, le nombre moyen d’heures travaillées par habitant a baissé depuis vingt-cinq ans (une diminution de la part des actifs, du taux d ‘emploi et de la durée du travail ayant conjugués leurs effets). Seuls quatre pays font exception à cette règle : les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Espagne et les Pays-Bas ont vu leurs nombres d’heures travaillées par habitant se stabiliser ou augmenter depuis 1980 ; autant de pays où le chômage a fortement baissé dans les années 1990.
La France est de loin le pays où l’on travaille le moins, par habitant dans une année : 617 heures en 2005, contre 677 en Allemagne, 716 en Espagne, 801 au Royaume-Uni et 865 aux Etats-Unis. Autrement dit l’Américain d’aujourd’hui travaille 40% de plus en moyenne que le Français, l’Allemand 10% de plus, l’Espagnol 19% de plus et l’Anglais 30% de plus. En 2005, l’écart de PIB par habitant entre les Etats-Unis et la France est de l’ordre de 11.000 US$­ (39.000 contre 28.000). Cet écart, de pr_s de 40%, s’explique d’abord par la quantité de travail, en raison du faible nombre d’heurs travaillées par habitant en France par rapport aux Etats-Unis.
Retenons donc ce deuxième message : pour des populations données, ayant des niveaux de productivité comparables, la richesse produite par habitant chaque année dépend d’abord du nombre d’heures travaillées. De ce point de vue, la France est largement en dessous de son potentiel. C’est ainsi que, malgré une croissance de sa population systématiquement supérieure à la moyenne communautaire, elle accuse un retard de croissance de PIB par habitant. S’il existe un effet un effet multiplicateur de la démographie, la France n’en profite pas : elle se contente de faire aussi bien que l’Europe en termes de croissance du PIB en volume et beaucoup moins bien que ceux qui la dépassent en mobilisant plus intensément leur force de travail.
 
Les trois leviers de l’emploi : croissance, coût du travail et incitation à travailler
 
Un taux de chômage de moins de 5%, c’est possible : la Grande-Bretagne (en travaillant plus) et les Pays-Bas (en développant le temps partiel) y sont parvenus ces dernières années. Les comparaisons internationales montrent que, outre la croissance, le cocktail idéal pour un chômage faible est fait d’un taux d’emploi élevé, d’actifs qui travaillent beaucoup, ou qui sont nombreux en emploi grâce au temps partiel. L’emploi dépend de trois leviers, qui varient d’un pays à l’autre : la croissance, le coût du travail et l’incitation à l’activité.
 
Premier levier pour l’emploi, la croissance
                       
En ce qui concerne ce premier levier pour l’emploi, les perspectives sont claires : compte tenu de son vieillissement, l’Europe ne peut guère espérer plus de 2% de croissance de PIB par habitant. S’interrogeant sur l’impact du vieillissement sur la croissance, les experts de l’OCDE ont cependant calculé qu’à partir de 2010 le revenu moyen par habitant progressera deux fois moins vite, en moyenne, que par le passé. Et la France serait en progrès si elle faisait aussi bien, en moyenne, que ses partenaires : depuis vingt ans, la croissance du PIB par habitant y est inférieure de 0,3 point par an et le taux de chômage supérieur de 2 points à la moyenne communautaire. Nos voisins avancent plus vite, car, si leurs actifs sont moins « productifs », ils sont beaucoup plus nombreux en emploi et avec des durées annuelles de travail plus élevées. On le sait, la France se distingue par l’un des plus faibles taux d ‘emploi de la population en âge de travailler : moins de 62%, soit 4% de moins que la moyenne communautaire et 10 à 12 points de moins que les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne.
 
Deuxième levier pour l’emploi, la baisse du coût du travail
 
La croissance nécessaire pour créer des emplois est passée de 2,3% en moyenne, dans les années 1980, à 1,3% dans les années 1990. En 2004, malgré la croissance soutenue de 2,1%, on a créé seulement 44.000 emplois marchands nouveaux, soit 2 à 3 fois moins qu’on ne pouvait l’espérer pour un tel taux ; il est vrai que la croissance produit ses effets avec retard, puisqu’en 2005 l’emploi marchand a augmenté presque deux fois plus pour une croissance moindre. Pour comprendre, il faut revenir au fonctionnement du marché du travail et expliquer comment le salaire minimum, avec ses lourdes charges, peut constituer une barrière à l’emploi des travailleurs les moins qualifiés dont la planète surabonde.
L’homme n’est pas une marchandise mais le marché du travail fonctionne, aussi, comme un marché : ce qui est rare est cher, ce qui est abondant est modique et la baisse des prix suscite la demande. On peut le regretter, mais il serait coupable de l’ignorer : pour une croissance donnée, la création d’emplois dépend d’abord, du coût complet du travail car ce dernier ne se limite pas aux salaires et aux charges, mais intègre aussi le coût des contraintes réglementaires liées au droit en matière de recrutement et de licenciement. Plus le coût complet du travail est faible, plus les employeurs embauchent : plus il est élevé, plus les entreprises automatisent ou délocalisent. 
Les gouvernements successifs, confondant politique économique et politique sociale, ont été immanquablement tenter de donner un « coup de pouce » au SMIC en l’augmentant. L’intention est généreuse et honorable : il s’agit de penser à ceux qui sont en bas de l’échelle des revenus et de tenir les promesses électorales. Les économistes keynésiens qui les conseillent ne manquent pas de voir dans cette distribution de pouvoir d’achat, l’occasion d’une relance par la demande et un rééquilibrage dans la répartition de la valeur ajoutée entre salaires et profits. Quand l’équité et l’efficacité sont réunies sous la même bannière, pour lutter contre le chômage, il est difficile de ne pas être séduit. Ainsi pendant des décennies, ce choix a prévalu notamment pour le SMIC qui, sans ces fameux « coups de pouce », serait aujourd’hui deux fois moins élevé qu’il ne l’est, sachant qu’il représente désormais plus de 50% du salaire moyen contre moins de 40% au début des années 1970.
Or la finalité des entreprises n’est pas de créer des emplois, mais de la richesse. La compétitivité internationale impose de rémunérer les facteurs de production à leur valeur internationale. Ce constat n’a d’ailleurs pas échappé aux gouvernants de notre pays. En effet, les fortes créations d’emplois marchands, de l’ordre de 1,8 millions, entre les années 1997et 2001, peuvent en France comme ailleurs s’expliquer par le regain de la croissance économique et le développement des emplois les moins qualifiés, en raison de la baisse des charges sur les bas salaires. L’Insee a montré que cette baisse a porté ses fruits depuis 1993. En 2003, il y avait plus de 1,2 millions d’emplois aidés, dont 700.000 emplois marchands. Le total des allègements de cotisations sociales dépassait les 16 milliards d’euros. Il y avait aussi plus de 600.000 demandeurs d’emploi en formation, et près de 130.000 personnes en retrait d’activité. Au final, la dépense totale pour l’emploi représentait 58 milliards d’euros, dont la moitié pour l’indemnisation passive du chômage, soit 3,7% du PIB, et 4,7% du PIB en ajoutant les allègements de charges. On relèvera aussi, à la lecture des statistiques officielles de l’Insee, que plus de 2 milliards d’euros étaient consacrés à l’incitation au retrait d’activité, soit deux fois plus que l’incitation à l’activité.
Ce n’est pas aux entreprises d’assurer la redistribution sociale, c’est à la collectivité de corriger la répartition des richesses, par des transferts négatifs et positifs, et de permettre à chacun, sous condition, d’obtenir un revenu minimum au moins équivalent à celui du SMIC actuel. Avec la « prime à l’emploi » on a commencé à lever ce tabou : l’idée d’un impôt négatif, versé en complément du salaire perçu de l’entreprise, se répand. L’on en arrive ainsi à tordre le cou à une idée fausse : si, en France, la part des profits dans la valeur ajoutée a augmenté, dans le passé, au détriment des salaires, ce n’est pas parce que les salaires étaient trop bas, mais simplement parce que les salariés n’étaient pas assez nombreux. Bref, augmenter les charges des entreprises iu créer des emplois, il faut choisir !
 
Troisième levier pour l’emploi : l’incitation au travail et l’insertion des plus démunis
                  
L’offre d’emploi, seule, ne suffit pas à sa création. Il lui faut aussi rencontrer un demandeur prêt à travailler au prix proposé. Hélas l’indemnisation passive du chômage n’incite guère au travail. Malgré la prime à l’emploi, l’écart entre le soutien au chômage et le revenu d’un bas salaire n’est pas encore suffisamment incitatif. Les dispositifs récents, tels que le Pare, voulus par les partenaires sociaux, vont dans le bon sens pour corriger ce biais. La solidarité collective ne doit pas détruire la responsabilité individuelle. Il ne devrait pas y avoir de revenu, ou d’indemnisation, sans contrepartie d’activité ou d’insertion (c’est cela aussi le modèle danois). C’est une question de dignité pour les individus et d’efficacité pour la société. Il faut cesser d’assister de manière passive et encourager l’initiative. Le meilleur remède contre l’exclusion sociale, c’est la dynamique de projet et d’accompagnement . Et la responsabilité solidaire doit prendre le pas sur l’assistance passive.
Le chemin d’une flexibilité à visage humain invite à remplacer le salaire minimum par le revenu minimum d’activité (RMA). La mise en place d’un RMA, en 2004, fut une occasion manquée car, pour en profiter, il fallait attendre d’être exclu du marché du travail depuis deux ans et le temps de travail des bénéficiaires était limité à 20 heures par semaine! Voilà comment une bonne idée s’est transformée en mauvaise application ! Quitte à réinsérer, autant le faire à temps complet. En principe cette erreur sera réparées avec les nouvelles dispositions prises en 2006.
Faute d’un traitement actif au chômage, tout se passe comme si la société, se sentant coupable vis-à-vis des chômeurs, ce comportait de manière irresponsable : un couple de RMIste avec deux enfants a, « tous comptes faits », avec l’aide personnalisée au logement, l’exonération de taxe d’habitation, l’aide sociale, etc., un revenu disponible plus élevé qu’un couple de smicards dans la même situation familiale. Il faut vraiment avoir envie de se lever le matin et d’avoir un patron sur le dos pour aller travailler ! Ainsi, les écarts entre les revenus du travail et ceux du non-travail ne sont pas incitatifs ; ils sont même négatifs entre le smicard et le RMIste qui travaille au noir.
Pour attirer suffisamment de professionnels dans les métiers et territoires peu attractifs, il serait opportun d’instaurer des primes spécifiques à l’emploi. Ce qui serait une voie de plus pour transformer les dépenses passives du chômage en dépenses actives pour l’emploi. On inciterait ainsi les actifs disponibles à mieux répondre aux 300.000 offres d’emploi non satisfaites, alors qu’il y a officiellement près de 2,2 millions de chômeurs. Faute de trouver les compétences, et compte tenu des rigidités du marché du travail, les entreprises avancent à voile réduite : elles pourraient, pourtant créer des centaines de milliers d’emploi si les vents redevenaient favorables et incitaient les entrepreneurs à réveiller les projets qui dorment dans leurs tiroirs.          
 
Tenter la démarche combinée de la réduction de la dette publique et de la transformation des dépenses passives du chômage en dépenses actives pour l’emploi
 
Voilà ce qui devrait étre tenté : le premier effort étant destiné à la baisse des charges, le second en faveur de l ‘emploi.
Les politiques publiques oublient trop souvent une évidence : l ‘entreprise n’embauche que si elle a un besoin ; une aide à l’embauche, quelle qu’elle soit, ne déclenche rien par elle-même. L’embauche se fait souvent par le bouche à oreille, à partir de salariés de l’entreprise ou par l’intérim. Et cette embauche dépend du coût du travail et de l’incitation à travailler au grand jour. De ce point de vue, les mesures, telles que le chèque emploi service, restent dans la logique de l’emploi payé au noir ! Avec un minimum d’heures déclarées, et un maximum payé sous la table, l’employeur s’assure contre les risques de non-couverture en cas d’accident de travail, et le salarié ne perd pas la totalité de ses autres droits aux revenus sociaux. Ainsi le chèque emploi service crée moins d’emplois qu’il ne révèle une partie des flux de revenus, jusqu’alors souterrains, quitte à minorer cette dimension essentielle qu’est le contrat de travail définissant les droits et obligations entre deux parties. Or le gouvernement devrait viser à créer des activités créatrices d’emplois marchands, et pas seulement des revenus d’emplois publics, financés par l’impôt qui, finalement décourage les fourmis.  
En cette période de croissance molle, où le gouvernement en est réduit à subventionner l’emploi public au lieu d’aider l’emploi marchand à se développer, il reste à relancer une voie délaissée depuis l’instauration des 35 heures : encourager le temps partiel (de 2 points inférieur à la moyenne communautaire) pour augmenter le taux d’emploi. L’offre d’emploi à temps partiel est insuffisante : le temps plein subi (2,4 millions d’actifs) concerne trois fois plus de Français que le temps partiel subi. C’est bien ce que proposent Michèle Debonneuil et Pierre Cahuc (2004) : des primes à l’emploi orientées sur le temps partiel.
 
Paragraphes complémentaires :
 
– Taux de chômage comparatif entre Français et immigrés portugais (162-163)
– Le rôle de l’apprentissage décrié en France, encouragé en Allemagne (186)
– Le chômage des jeunes expliqué, en partie, par la grande protection sociale dont
   jouissent leurs aînés (190)
– Réveiller les projets dormants (260 à 262)
– Libérer et valoriser les activités de service (262 à 264)
– Qui sont les entrepreneurs ? (267-268)
      . Les chômeurs beaucoup plus que les chercheurs (268 à 270) –
– Comment remettre les seniors au travail (270)
      . Développer le temps partiel et le cumul emploi-retraite (271-272)
– Perspectives de croissance et d’emploi à la lumière du passé (278 à 280)
 
    

Date de création : 27/03/2007 @ 15:03
Dernière modification : 27/03/2007 @ 15:03
Catégorie : Sciences politiques
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