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Théologie 2 - Epilogue
ÉPILOGUE
 
"En un sens qui n'appartient qu'à Lui, Dieu éprouve réellement au contact du monde "un destin". Dieu est ainsi fait qu'il peut éprouver un destin. Là est justement la gloire suprême, gloire identique au fait que Dieu est "l'Amour". C'est pourquoi la Croix est le symbole par excellence. « Qui lui porte atteinte enferme le monde dans une énigme incompréhensible » [Romano Guardini].
Le lecteur, au fil de ces articles aura pu ressentir combien il était plus enrichissant pour sa culture religieuse d'appréhender les Ecritures à la lumière des différentes exégèses qu'elles ont suscitées. Il y a en effet une réelle difficulté à s'adonner sans aide à la lecture des Ecritures. Il n'y a pas à s'en formaliser si l'on se souvient qu'un rhéteur aussi réputé qu'Augustin, peu avant sa conversion, avait failli abandonner cette délicate entreprise. Il lui fallut entendre, dimanche après dimanche, les homélies d'Ambroise, archevêque de Milan, pour voir, dans les versets de la Bible, se volatiliser le "sens littéral apparent" au profit du sens spirituel qu'il recherchait. Signe pour nous que les aides sont vraiment indispensables, et celles des Pères de l'Eglise s'offrent à nous comme les plus incontestables qui soient.
Peut-on douter de la véracité et de l'actualité de leurs enseignements ?
Sont préservés de ces doutes, bien entendu, tous ceux qui ont pris conscience que la pensée ne progresse pas à la manière des techniques, par substitutions successives, mais bien par un approfondissement des concepts. Augustin, dans ses Confessions, a fait depuis longtemps le point sur toutes ces "mutabilités".
Pour aborder avec fruit l'étude de l'Ecriture, il faut encore avoir foi en l'existence de "manifestations divines", qui seules peuvent rendre compte d'évènements qui dépassent notre entendement. L'appellation "mystères" leur convient, même si certains pensent à tort que son usage sert plutôt de prétexte à des non-dits ou à des subterfuges.
 Au titre de ces "interventions divines", il faut croire sans la moindre réserve que l'Ecriture a été inspirée par le Verbe de Dieu à des hommes qui ont été jugés dignes de la transmettre à l'humanité. Moïse a été l'un d'entre eux en ce qui concerne tout ou partie des cinq premiers livres de l'A.T. (Pentateuque). Il faudra en conséquence se poser sans cesse la question : qu'est-ce que Dieu a voulu nous dire ici, par ces simples mots ?
Alors que les Pères de l'Eglise sont généralement présentés selon les grandes périodes de l'histoire où ils se sont illustrés, il a été donné ici la préférence à une présentation selon le cadre historique de la Bible. Elle permet ainsi de rendre familiers aux lecteurs (autres que théologiens), dans une même démarche, le contenu de l'Ecriture sainte ainsi que les exégèses les plus connues s'y rattachant.
L'Ancien Testament a été subdivisé selon la chronologie évènementielle, ainsi pour la première partie : la Genèse (spécialement la création de l'homme), le Déluge, les Patriarches, l'Exode. A chacune de ces périodes historiques correspondent les actes et les paroles de Yahvé en direction d'une ou plusieurs figures emblématiques dont le comportement a retenu l'attention des Pères de l'Eglise. C'est à partir de ces personnages qu'ils ont pu constituer leurs exégèses : Adam et Eve, Noé, Abraham, Jacob, Moïse.
Quant au Nouveau Testament, il se trouve représenté par Paul et par trois des quatre évangélistes, Matthieu, Luc et Jean. Leurs écrits ont fait l'objet de très nombreuses exégèses par les Pères de l'Eglise sous forme d'homélies ou de commentaires.
Ce processus d'élaboration constitue en fait un système ouvert, où aucune préoccupation d'exhaustivité ne s'est imposée, et où les textes transcrits ont été choisis surtout en fonction de la catéchèse.
 
Les deux Testaments.
Ces textes que Dieu a inspirés pour notre salut dans la continuité d'une phase de l'histoire humaine ne sauraient être désunis.
L'Ancien Testament est la parole divine et le Christ est parole divine ; c'est dans la parole divine que se réalise l'unité des deux Testaments.
La structure binaire, Ancien, Nouveau Testament, représente deux temps de l'histoire chrétienne : l'Ancienne (ou Première Alliance), celle que Yahvé a conclue avec Israël, la Nouvelle, avec la venue du Sauveur et la naissance du peuple messianique.
 Le christianisme, suite à la rupture définitive avec le judaïsme après 70 (date du massacre des Juifs à Jérusalem), s'est défini comme réalisation et en même temps dépassement du contenu de la Première Alliance, c'est-à-dire de L'Ancien Testament. Celui-ci est ainsi devenu la préfiguration, la promesse de la Nouvelle Alliance conclue en Jésus-Christ.
Le fait que Dieu se soit fait connaître progressivement aux hommes et par des moyens adaptés à leur évolution, se traduit par une trame religieuse qui est venue transcender la trame historique, de sorte qu'à la structure binaire s'est substituée une structure ternaire que l'on peut retrouver sous plusieurs formulations.                           
Une première :
l'époque où Yahvé parle directement à ses interlocuteurs ;
l'époque où Yahvé parle par les prophètes.
l'époque où Dieu parle par son Fils, le Verbe éternel.
Une deuxième (empruntée à l'épître aux Hébreux en 10,1) :
 l'ombre -- l'image -- la vérité :
à l'ombre de l'Ancien Testament succède l'Image du Christ, laquelle se consommera dans la vérité du Royaume.
Une troisième formulation nous parvient de Jankélévitch qui, complétant la pensée de son maître fait la remarque suivante : "Du moment que l'Evangile, pour Bergson, représente le régime de la conscience ouverte et la Loi le régime de la conscience close, il faudrait croire que les Prophètes représentent à mi-chemin quelque chose comme la conscience entr'ouverte...A la clôture de la Loi succèderait donc l'entr'ouverture des Prophètes, puis dans la Nouvelle Alliance, l'ouverture de la charité évangélique.
Par ces diverses formulations l'unité de la Bible se trouve renforcée : à l'idée de l'unité des deux Testaments répond celle de l'unité de Dieu, de l'unité du Logos (ou Verbe), de l'unité du plan divin, de l'unité du peuple de Dieu, l'Eglise étant la dépositaire des promesses divines et l'unique interprète attitré de la parole divine.
 
L'Ancien Testament.
L'Ancien Testament, pour les chrétiens, a pris toute son importance dans la perspective de la réalisation du plan divin. Les Pères de l'Eglise se sont plu à découvrir dans ses différents chapitres ce qui les intéressait au plus haut point, c'est-à-dire les promesses, les annonces, les figures du Christ et de l'Eglise.
Ce fut en effet le message évangélique qui donna à l'Ancien Testament un sens nouveau (et proprement chrétien), sens que l'exégèse patristique chercha à découvrir grâce à un système de recherche parfaitement cohérent, notamment les méthodes allégoriques et typologiques. Il est regrettable que de nos jours l'intérêt pour ces recherches à caractère d'anticipation se soit estompé. C'est le "venons en au fait" qui prévaut partout, même dans la catéchèse.
Et pourtant, pour ne rappeler que deux exemples :
-- les Psaumes, partie importante de l'A.T., sont au cœur de la vie quotidienne des clercs et des religieux ; ils charpentent tout l'Office divin. Saint Jean Chrysostome en a formulé les trois temps d'intervention : primus (l'Introït), medius (le graduel et l'alleluia), novissimus est David (la communion).
-- c'est le Protévangile de Gn.,3,15 qui a permis à l'Eglise, aux 19ème et 20ème siècles, de proclamer les deux dogmes conjoints de l'Immaculée Conception et de l'Assomption. [Je mettrai une hostilité entre toi (serpent) et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t'écrasera la tête et tu l'atteindras au talon.]
 Les saints qui se sont illustrés sous l'Ancien Testament ne sont d'ailleurs plus invoqués et pourtant :
ABRAHAM est la figure de proue dont se réclament tous les croyants monothéistes (on comprend que le Saint Père, tout récemment, se soit longuement arrêté sur ses pas).
MOISE auquel Yahvé était apparu au Buisson ardent, fut jugé digne de recevoir au Sinaï les Dix Commandements.
DAVID qui a su confesser sa faute et implorer son pardon, fut jugé digne d'engendrer la lignée du Messie.
 
La mise en perspective du Nouveau Testament
Oubliant que l'Eglise est l'unique héritière du courant prophétique de l'Ancien Testament, beaucoup, aujourd'hui, jugent le Nouveau Testament auto-suffisant, justifiant par là-même leur impasse sur toute l'Ecriture antécédente, et pourtant :
- nombre de figures de l'Ancien Testament s'avèrent utiles, voire indispensables pour bien pénétrer le sens de certains sacrements, de la liturgie, et de bien des textes, ceux de Paul en particulier.
Origène s'est fait le chantre de ces figures qui nous conduisent à l'intelligence d'une foule d'évènements ou d'attributs religieux de l'histoire des Hébreux.
Le long chemin de l'Ancien Testament est encore celui de la conversion, celui qui nous mène de la circoncision de la chair à la circoncision du cœur.   
Rapporter et commenter ce vécu axé sur les promesses, c'est préparer à entendre la Bonne Nouvelle dans toute son amplitude.
Il faut se souvenir que les catéchumènes n'abordaient cette Bonne Nouvelle qu'après une première instruction fort longue, basée selon Origène, sur les livres de la Bible qui se prêtaient davantage à des interprétations morales, comme ceux d'Esther, Judith, Tobie et la Sagesse.
On peut trouver là motif à réflexion sur l'organisation de la catéchèse qui ne craint pas d'aborder très prématurément les sujets les plus spirituels qui soient. 
Quant à la fascination du "parler ici et maintenant", il faut comme le préconise le cardinal de Lubac : "se garder d'avoir un penchant excessif pour les nouveautés du jour, de prôner l'unique considération des êtres singuliers et de la vie fluente, ou l'adoption simultanée de doctrines disparates".
Le cœur du sujet c'est l'Amour infini du Père et du Fils, de l'Esprit qui les anime et qui règne sur l'unique parole, en soulignant avec S. Jean de la Croix, "qu'en donnant son Fils, Dieu nous a tout donné ; en nous livrant son unique parole, Il nous a tout révélé".
 
Les Pères de l'Eglise
Selon un choix de la tradition ecclésiastique, sont désignés sous cette appellation certains écrivains de l'Antiquité chrétienne tenus pour d'authentiques garants de l'orthodoxie de la foi.
Cette dénomination correspond, en tout premier lieu, à la relation de maître à disciple dans la chaîne de tradition vivante dont les premiers chrétiens se sont plu à souligner la continuité et l'unité, depuis le Christ et les Apôtres jusqu'à eux. La plupart des Pères eurent une charge épiscopale dans les grandes communautés du début de l'ère chrétienne : Alexandrie, Antioche, Carthage et Hippone.
Pour notre pays, deux Pères de l'Eglise se sont brillamment illustrés : Irénée à Lyon et Hilaire à Poitiers, ayant eu dans leur existence des parcours quelque peu symétriques ; Irénée qui naît en Asie Mineure en 130, et qui, envoyé en Gaule vers 157, reprend la charge de l'évêque saint Pothin ; Hilaire élu évêque de Poitiers vers 350 et qui, peu après doit subir un exil de quatre ans en cette même Asie Mineure (Phrygie), à cause de sa fidélité catholique et de sa résistance à l'arianisme.
Parlant de ces saints personnages, Georges Suffert dans "TU ES PIERRE" affirme : ils sont une quinzaine au plus et leurs noms sont à peu près oubliés par le grand public et de nombreux chrétiens, et pourtant :
Ils dépassent largement la quinzaine, mais plus que par le nombre, leur importance tient surtout au rôle éminent qu'ils ont joué dans l'Eglise naissante et dont les effets s'inscrivent hors du temps :
- Ils ont été cinq siècles durant les gardiens de la foi, plusieurs ayant accepté pour elle le martyre. Ainsi en fut-il de Justin qui proclama à son justicier :
< Confesser Jésus-Christ, Fils de Dieu, autrefois prédit par les Prophètes, juge futur du genre humain, messager du salut >.
- Ils ont affronté toutes sortes d'hérésies qui ont agité violemment leurs siècles : arianisme, nestorianisme, manichéisme, docétisme, pélagianisme. Autant "d'outrances et de témérités" qui les ont obligés à étudier de plus près, à préciser, à formuler plus attentivement la doctrine.
- Ils sont les détenteurs des clefs de l'Ecriture qui, au même titre que l'humanité du Christ, est un des modes de la présence du Verbe divin dans le monde.
Que comprendre de ces textes qui nous interpellent, nous défient même, si certaines clefs ne nous sont pas données. Car l'Auteur divin ne pouvant se livrer par des concepts humains a parlé par énigmes ; d'où la présence dans la Bible, au-delà du sens ordinaire des mots, d'un autre sens, "spirituel", "mystique", "divin", caché sous le premier.
"Dieu dit une chose pour en signifier une autre plus profonde", de sorte que "l'exégète, lorsqu'il donne une interprétation allégorique d'un texte, ne prétend pas ajouter un sens nouveau, mais retrouver le sens que Dieu y a mis". Et le meilleur moyen d'y parvenir est de chercher au sein de la Bible, tant il est vrai que "l'Ecriture s'explique par l'Ecriture".  
- Ils ont été d'éminents prédicateurs,- voyez Chrysostome, saint Jean "bouche d'or",- et leurs homélies n'ont pas pris une ride.
- En bref, ils ont été les inventeurs de la théologie catholique et ceux qui les ont suivis, n'ont cessé d'emboîter leurs pas, car, selon les paroles de Grégoire de Nysse, la quête ne saurait s'achever : < Dieu demeure toujours "le cherché" >. 
 
Unité de l'Eglise[i]
< C'est en gardant continuellement son regard fixé sur le mystère de l'amour trinitaire, incarné, de Dieu, que l'Eglise trouve son unité ontologique, historique, théologique et existentielle. Si cette unité lui est sans doute infusée en profondeur d'une manière "immaculée" et "infaillible", elle peut, dans la figure empirique de l'Eglise, être menacée et subir des malformations qui la défigurent jusqu'à la rendre méconnaissable. Chaque réforme qui tend à revenir à l'unité du sujet récepteur de la révélation, doit s'en tenir à ce qui a été établi comme fondement (une fois pour toutes dans la Croix et la Résurrection, et toujours à nouveau dans l'évènement eucharistique), et qui est en rapport immédiat avec l'évènement "au-dessus duquel rien de plus grand ne peut être conçu". C'est pourquoi l'Eglise a essentiellement un avenir, parce que ce qui est fondé en elle ne peut être épuisé ni intellectuellement, ni existentiellement, par un temps quelconque. Plus ce fondement est médité et vécu (surtout par ceux qu'on appelle les "saints"), plus il est inépuisable, et plus il se présentera toujours devant les croyants comme un avenir.
Il faut bien voir que la tradition ecclésiastique se distingue essentiellement de la tradition profane du fait que dans la première, au-delà de toutes les aliénations et barrières dues à des formes de pensée et à des visions du monde disparues, l'amour toujours également neuf pour l'unique mystère établit aussitôt une communication : c'est ce que le cardinal HENRI DE LUBAC a montré avec une incomparable beauté[ii] >.
 


[i] Texte de H. Urs von Balthasar dans La Gloire et la Croix T.3. Théologie Nouvelle Alliance. Aubier-Montaigne 1975.
[ii] Méditation sur l'Eglise, Paris 1954, pp.45-46.
 

Date de création : 19/03/2007 @ 16:04
Dernière modification : 19/03/2007 @ 16:04
Catégorie : Théologie 2
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