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Parcours Michéa - Le libéralisme économique et le libéralisme culturel

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LE LIBÉRALISME ÉCONOMIQUE ET LE LIBÉRALISME CULTUREL

 

Extrait de « Le loup dans la bergerie » de Jean-Claude MICHÉA publié en septembre 2018

Le libéralisme économique (autre­ment dit, le droit absolu pour chacun écrivait Hayek – de    « produire, de vendre et d’acheter tout ce qui peut être produit ou vendu ») et le libéralisme culturel (tel que Bourdieu en a popularisé avec raison le concep) , ne représentent qu’une application des principes généraux du libéra­lisme politique

  • au domaine particulier de la produc­tion et des échanges pour le premier,
  • aux questions dites « sociétales » pour le second.

Dans les deux cas – qu’il s’agisse par exemple de lut­ter contre la diabolique « tentation protectionniste » au nom de la « main invisible » du marché ou d’appeler à en finir avec toutes les limites et toutes les frontières au nom du seul « langage des droits » (Charles Tay­lor) –, c’est bien la structure de classe de toute société fondée sur l’accumulation illimitée du capital qui devra, de toute façon, rester dissimulée.

De là – comme le soulignait déjà Jean-Claude MICHÉA dans Notre ennemi, le capital –, « le fait que l’égalité sociétale – telle qu’elle s’inscrit jour après jour dans le marbre du droit libé­ral – trouve curieusement son complément pratique dans la progression constante de la précarité et de l’inégalité sociale ».
De ce point de vue, les élections législatives de juin 2017 représentent un véritable cas d’école. Tous les médias officiels, on s’en souvient, avaient alors célébré avec enthousiasme le fait que la nouvelle Assemblée nationale était « de loin la plus féminine de toute l’histoire » (les femmes y représentaient en effet, avec 224 députées, 38,82 % du nouveau corps législatif – le pourcentage d’élues atteignant même 46,45 % au sein du groupe de La République en marche). Certains de ces médias n’avaient d’ailleurs pas manqué de prolonger cette analyse en attirant l’attention sur le fait que cette assemblée était éga­lement « la plus jeune de l’histoire » et que même la part des « minorités visibles » – quoiqu’encore beau­coup trop faible – y avait progressé de façon appré­ciable. Une telle ferveur médiatique est assurément justifiée dans la mesure où cette double révolution de l’âge et du genre constitue indéniablement, par certains côtés, un véritable progrès humain (sauf à regretter le temps de ces gérontes fossilisés et bardés de décorations qui peuplaient les tribunes officielles des pays dits « communistes »).
 L’ennui, c’est que cette nouvelle « assemblée introuvable », effectivement rajeunie et féminisée comme jamais, se trouve être en même temps la plus élitiste et la moins repré­sentative de toute l’histoire de la Ve République (il faut même, selon certains historiens, remonter jusqu’en 1871 – autrement dit à cette Assemblée versaillaise qui légitimera la répression sanglante de la Commune – pour retrouver dans la « représentation nationale » un tel degré de consanguinité sociale. En témoigne, entre autres, le fait que les classes popu­laires, pourtant largement majoritaires dans le pays, n’y sont plus désormais « représentées » que par un peu moins de 3 % des élus.

Double évolution politique

  • un pas en avant sur le plan sociétal,
  • deux pas en arrière sur le plan social

qui ne peut  surprendre quiconque a compris la véritable nature de la logique libérale [a] mais qui risque, en revanche, d’être perçue comme « contradictoire » (au sens non dialectique du terme) par tous ceux qui accordent encore du crédit à la vieille fable idéologique (il est vrai souvent très rentable en termes de carrière médiatique ou universitaire), selon laquelle

  • le libéra­lisme culturel du Monde, de Libération ou du Nou­veau Magazine littéraire n’aurait absolument rien à voir, d’un point de vue logique et philosophique,
  • avec le libéralisme économique du Point, du Figaro ou de Valeurs actuelles.

Auquel cas on se demande d’ailleurs bien pourquoi, pour ne prendre que cet exemple particulièrement révélateur, la très active French-American Foundation [b] se donnerait chaque année autant de mal pour recruter et former des agents d’influence universitaire, médiatique et poli­tique (formation qui inclut, entre autres, un stage obligatoire aux Etats-Unis) aussi engagés dans le combat « sociétal » – pour ne citer ici qu’un tout petit nombre de ses fameux « young leaders » – que Laurent Joffrin, Alain Mine, Emmanuel Macron, Eric Fassin, Najat Vallaud-Belkacem, Marisol Touraine, David Fontaine ou encore Rokhaya Diallo.
Le fait, dans ces conditions, que le rapport des forces au sein des classes dominantes (autrement dit, des classes qui contrôlent l’essentiel du pouvoir, de la richesse et de l’information) devienne de moins en moins favorable aux « mâles blancs de plus de cin­quante ans » – ce qui, en soi, n’est qu’un juste retour des choses – ne signifie donc pas que la cause des femmes en général aurait progressé dans les mêmes proportions (même si, bien entendu, cette transfor­mation progressive du rapport des forces à l’intérieur des classes dominantes – notamment dans l’univers clinquant et moutonnier du show-biz – favorise indi­rectement un certain nombre de retombées « cultu­relles » et « sociétales » incontestablement positives qui finiront, à la longue, par profiter à toutes les femmes).
Chacun peut constater, au contraire, que cette montée en puissance continue des « madames du capitalisme » (c’est l’expression que Paul Lafargue employait pour désigner les Hillary Clinton de son temps) n’a strictement aucun mal à se concilier, dans les faits, avec le renforcement systématique (flexibili­sation et précarisation du travail obligent) de l’exploitation de classe, directe ou indirecte, que subissent quotidiennement ces ouvrières, agricultrices, femmes de ménage, employées, caissières de grandes surfaces, aides-soignantes et autres femmes du peuple qui sont, aujourd’hui encore, les grandes absentes de la « démocratie représentative » et les éternelles oubliées du féminisme libéral (que deviendrait, il est vrai, une « madame du capitalisme » sans le labeur quotidien de ses « employées de maison » ?). Et cela sans même évoquer, pour ne prendre que cet exemple récent et terriblement révélateur, le silence toujours aussi assourdissant et complice des organisations « fémi­nistes » libérales (comme des médias français en géné­ral) sur cette série incroyable de viols et actes de barbarie perpétrés durant des années en Grande- Bretagne - au vu et au su des polices locales, des « travailleurs sociaux » et de nombreuses associations « progressistes » - sur des centaines de jeunes filles (voire de fillettes) de Rotherham, de Rochdale, de Telford dont le seul crime était visiblement d’appartenir aux franges les plus pauvres de la classe ouvrière britannique. Et non pas, ce qui aurait évidemment changé aussitôt la donne, à ce que ces organisations « féministes » considèrent encore comme « la bonne société » (hollywoodienne de préférence). C’est bien, du reste, en ce sens que Paul Lafargue pouvait écrire dans L’Humanité du 14 août 1906 que «les dames de la bourgeoisie [il existait naturellement, dès cette époque, des équivalents d’Osez le féminisme ! et de Marlène Schiappa] ont conquis la seule émancipation qu’elles méritaient».

 

[a]  On retrouverait d’ailleurs le même type de « contradic­tion dialectique » dans le cas de cette imprononçable écriture « inclusive », tout droit sortie du cerveau des « experts » de l’université bourgeoise (et donc évidemment adoptée sur-le-champ, à ce titre, par les apprentis bureaucrates de l’UNEF) – dans le but théorique d’en finir avec toutes les inégalités de  « genre ».
Un tel projet ne peut en effet naturellement conduire qu’à rendre encore plus difficile à franchir ce fossé entre la langue écrite et la langue parlée (que deviendrait par exemple, dans cette nouvelle langue de bois, le célèbre « travailleuses, travailleurs ! » d’Arlette Laguiller ?), dont chacun sait pourtant depuis longtemps qu’il constitue l’un des principaux facteurs culturels de la reproduction scolaire des inégalités de classe.

[b]   La principale raison d’être de cette organisation poli­tique, fondée à Washington en 1976, est la création d’un corps d’élite « transatlantique » supposé capable de disséminer les   « vérités alternatives » du système libéral dans les milieux cultu­rels les plus inattendus et sous des formes supposées être beau­coup plus subtiles et voilées que celles qui caractérisent la propagande médiatique habituelle.

 

 

 


Date de création : 04/11/2018 @ 21:24
Dernière modification : 04/11/2018 @ 21:27
Catégorie : Parcours Michéa
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